Parents, comment repérer si votre enfant est victime d'abus sexuels

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SIGNES - Dans "Les Chatouilles", en salles ce mercredi 14 novembre, Andréa Bescond raconte les abus sexuels subis, enfant, par un "ami de la famille". Un sujet tabou qu'elle aborde avec aplomb et qui incite n’importe quel adulte à la vigilance.

"Ce film, on le donne aux gens, à la société civile, il ne nous appartient plus. S'il peut servir à des fins préventives, curatives, politiques, pédagogiques, s'il est jugé utile, évidemment j'en serais très fière", confiait Andréa Bescond au moment de présenter Les Chatouilles. Dans ce film réalisé avec son compagnon, elle incarne une danseuse qui boit beaucoup, prend de la drogue et ne tient pas en place. Jusqu'au jour où elle pousse la porte d'une psy et dévoile son lourd secret. Un film fort qui incite n’importe quel spectateur adulte à se poser cette question : quels sont les signes pouvant signaler un abus sexuel chez un enfant ? 


"Bien sûr, tout dépend des enfants mais ce qui est important, c’est de voir le changement dans le comportement". Pour Leonor Bruny, psychologue clinicienne, il s'agit de la clef : "Les symptômes sont multiples. Pour certains, les notes à l’école vont brusquement chuter ; pour d’autres, des troubles alimentaires apparaissent ou alors encore un retour au pipi au lit. Bref, tout ce qui génère une rupture dans le fonctionnement normal, classique, habituel de l’enfant." En d'autres termes, "si l'enfant, d'ordinaire solaire, devient triste, instable, s'isole."

Redoubler d'attention

Dans Les chatouilles, lorsque la mère d’Odette annonce que son agresseur va la ramener de ses cours de danse ou qu’il emmène en vacances, l’enfant rechigne, salit ses draps. Un signe parmi d'autres qui doit normalement mettre la puce à l’oreille : "Quand un enfant commet des actes pareils, oui, quelque chose cloche mais souvent on n’y fait pas attention ou on ne veut pas y faire attention tant cela nous semble énorme", remarque auprès de LCI Alex Métayer, coréalisateur. 


Andréa Bescond appelle, elle, à redoubler de vigilance lorsque notamment un "enfant s’enferme dans le mutisme, lorsque d’un seul coup il n’a plus d’ami à l’école, ne travaille plus, refuse de porter des joggings qui s’enlèvent facilement, devient sale sans que l’on sache pourquoi, va être en opposition constante. Bien sûr, cela ne signifie pas qu’il est victime de pédo-criminalité mais ce comportement cache quelque chose et il faut creuser par le dialogue, peut-être à l’aide d’un thérapeute mais il faut se poser la question : quelque chose ne marche pas, ne fonctionne pas. Et l'adulte doit comprendre d’où vient le problème."

Il faut faire intégrer très tôt à l'enfant le fait que ses parties intimes lui appartiennent et que personne n'a le droit d'y toucherAndréa Bescond, réalisatrice des "Chatouilles"

Les deux réalisateurs rappellent que ce "type d’agression sexuelle crée des désordres psychologiques souvent irréparables" : "154.000 enfants sont violés chaque année en France. C’est un fléau terrible et favorisé avec la complicité de chacun. Il faut se rebeller contre l’inaction de la Justice et il faut qu’entre citoyens on en parle et qu’on agisse", assènent-ils de concert dans le dossier de presse. 


Certes, mais comment réussir à préserver l'intégrité physique et psychologique des enfants, comment leur faire comprendre au plus tôt pour éviter un drame ? "Il faut faire intégrer rapidement à l'enfant le fait que ses parties intimes lui appartiennent et que personne n'a le droit d'y toucher, nous assure Andréa Bescond. Il faut aussi lui parler de cette notion d'emprise, dire à un enfant que si un adulte lui fait du mal, cela n'est pas de la faute de l'enfant". De la nécessité donc de rappeler à quel point le rôle des parents est plus que nécessaire dans la prévention contre la prédation.

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