Comment le film d'Etienne Chatiliez a fait disparaître le prénom Tanguy des maternités

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DÉMODÉ - La sortie de "Tanguy, le retour", ce mercredi dans les salles obscures, ne ravit pas forcément ceux qui portent ce prénom. Le premier opus des aventures de cet adulte incrusté dans le nid familial, sorti il y a 18 ans, a eu un tel impact qu'il l'a transformé en nom commun. Résultat, il est devenu impossible à porter !

Il y a des films qui laissent des traces. Indélébiles. Alors que "Tanguy, le retour", sort ce mercredi 10 avril au cinéma, le premier volet des aventures de cet adulte-enfant terrible, sorti en 2001, a tellement marqué les esprits que le prénom-titre est rapidement devenu un nom commun désignant ces jeunes adultes qui traînent des pieds pour quitter le cocon familial. 


A l'époque, au-delà de l’objet cinématographique d’Étienne Chatillez, c’est toute une génération qui s'est dévoilée aux yeux du public. "Faire son Tanguy" est même devenu l'expression du moment, tournant en dérision ces "adulescents" installés à demeure chez leurs parents. Conséquence, ce prénom, en vogue au début des années 2000, a subitement cessé d'être à la mode. Et il ne s'en est jamais relevé.

1226 Tanguy en 2000, contre 12 en 2017

Pourtant, c'est un film qui avait lancé sa carrière dès 1969 ! "Cela correspond au succès de la série 'Tanguy et Laverdure, les chevaliers du ciel', raconte à LCI Claire Tabarly, co-auteure avec Stéphanie Rapoport de L'Officiel des Prénoms (First Editions). Résultat, de 1969 à 1974, le nombre d'attributions de ce prénom a été multiplié par 4, passant de 66 à plus de 200 Tanguy, selon les chiffres de l'Insee". 


Mais ce n'est qu'en 2000 qu'il connaît vraiment son apogée, avec une année record d'attributions (1226). "Un succès de courte durée puisque dès 2002, soit un an après la sortie du film d'Etienne Chatiliez, Tanguy commence à péricliter (986 puis 675 en 2003), pour cesser d'être à la mode en 2006 (300 attributions)", détaille de son côté Laure Karpiel, auteure de La Cote Larousse des Prénoms. Il n'y en eu que 12 en 2017. Et "en 2019, on estime que seuls 10 nouveau-nés se verront attribuer ce prénom, soit son niveau des années 40. On peut même considérer qu’il est tombé en désuétude", poursuit Claire Tabarly. 

Que dire de l'effet Brice de Nice ?

Tanguy n'est pas le seul prénom à avoir fait les frais d'un film tournant en dérision son héros. "L'effet Brice de Nice peut être comparable, mais dans une moindre mesure, souligne Claire Tabarly. Brice a connu un certain succès dans les années 80 (plus de 1000 naissances) et a poursuivi cette trajectoire jusque dans les années 2000. Et patatras, à partir de la sortie du film de Jean Dujardin en 2005, il n'a cessé de baisser, passant de 335 à 101 attributions en 2008".


Mais l' inverse existe aussi : "à titre d'exemple, les films de Luc Besson ont plutôt des conséquences heureuses sur les prénoms. Le cinéaste a ainsi lancé la mode des Enzo ("Le Grand Bleu"), Lilou ("Le Cinquième Élément"), sans oublier Léon, qui a séduit les fans en 1994 et qui est en recrudescence actuellement, avec 1614 naissances en 2017".  "Et puis il y a le phénomène Manon, renchérit Laure Karpiel. Alors que ce prénom était encore confidentiel au début des années 80, "Manon des Sources" l'a littéralement propulsé, passant de 527 attributions en 1986 (date de la sortie du film) à 1529 en 1988. Il plafonne actuellement à plus de 3.000 naissances, après avoir connu un pic à plus de 8.000 à la fin des années 90".

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