Un baby-boom post-confinement à la fin de l'année ?

Un baby-boom post-confinement à la fin de l'année ?
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HEUREUX EVENEMENT - Un bébé dans la hotte du Père Noël ou pour les étrennes en janvier ? Selon l'Observatoire Nielsen, les ventes de tests de grossesse ont en effet augmenté de près de 40% fin avril. Pour autant, les gynécologues se montrent plus circonspects quant à un éventuel baby-boom post-confinement.

Les Français auraient-ils trouvé le temps long pendant les deux mois de huis-clos forcé lié à la crise sanitaire, au point de faire des bébés ? Une chose est sûre, selon l'Observatoire des ventes de la grande distribution Nielsen, les achats de tests de grossesse, en accès libre dans les grandes surfaces depuis 2014, n'ont cessé d'augmenter dès la fin de la première semaine de confinement : +6% par rapport à la même période de l'année dernière, du 15 au 22 mars. Avant un crescendo  : +18 % du 22 au 29 mars, +28 % du 29 mars au 5 avril, +32 % du 5 au 12 avril et +37 % du 13 au 19 avril. 

Dans le même temps, l'Observatoire note que les Français se sont mis à acheter de moins en moins de préservatifs. Dès la fin mars, leurs ventes ont baissé, jusqu'à -26% fin avril. Ce qui peut s'expliquer notamment par une baisse de l'activité sexuelle chez les célibataires.

Une baisse de la libido

Pour le docteur Sylvain Mimoun, gynécologue, responsable de l'unité de gynécologie psychosomatique de l'hôpital Robert Debré à Paris, difficile au regard de ces chiffres de déduire mécaniquement qu'il y aura un baby-boom en décembre 2020 ou janvier 2021, comme certains l'affirment déjà. "Même si on a en effet vu par le passé une augmentation de la natalité après une panne d'électricité géante, comme aux Etats-Unis lorsque New York avait été plongé dans le noir dans les années 60, et plus récemment après le passage de l'ouragan Sandy, cette crise sanitaire, ce n'est pas la même chose", dit-il à LCI.

"Elle aurait même eu plutôt tendance à inhiber les hommes comme les femmes, trop inquiets par rapport à leur santé, poursuit-il. Ce qui a plutôt eu comme conséquence de couper leur libido". Un constat confirmé par une étude de l'Ifop, réalisée début mai pour Charles.co, un site de consultation de sexologie en ligne. Elle indiquait qu'un couple sur cinq (21%) confiné sous le même toit n'avait eu aucun rapport sexuel au cours du mois d'avril, contre 10% en temps normal.

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Des cycles féminins perturbés

L'autre explication envisagée par le docteur Philippe Deruelle, secrétaire général du Collège national de gynécologie-obstétrique, c'est que de nombreuses femmes ont pu avoir un cycle perturbé pendant le confinement : "On ne peut pas l'exclure au vu du stress engendré par cette période particulière, explique-t-il à LCI. D'où des retards ou des absences de règles. Ils ont conduit certaines femmes à vérifier si elles n'étaient pas enceintes. Or ce n'est pas parce qu'on achète un test qu'il est au final forcément positif", tempère-t-il.

Toutefois, le praticien se montre prudent. Car même si les cabinets de gynécologues ne connaissent pas pour le moment une affluence de futures mamans, "il est encore un peu tôt pour se prononcer", admet-il. "Notamment parce qu'en début de grossesse, les visites se répartissent chez beaucoup de praticiens, donc difficile de comptabiliser. En revanche, si dans un mois, nous commençons à être débordé par des demandes d'échographies du premier trimestre, là, nous pourrons nous faire une idée", conclut-il.

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