Chocos BN : la fin annoncée du "goûter préféré des enfants" émeut les internautes

Famille

FIN D'UNE ÉPOQUE - Le choco BN ne fait plus son beurre. L’enseigne Carrefour, son principal client, a décidé de le bannir de ses rayons. "Triste nouvelle", "ma vie s'écroule"... : cette décision n'a pas manqué de faire réagir les nostalgiques des cours de récré.

Le fameux choco BN, ce biscuit fourré qui a régalé des générations d'enfants, a-t-il fait son temps ? "Le quatre heure à moteur", voire "le distributeur de sourires", comme il a été vanté dans des pubs télé, ne fait plus sourire personne dans l'unique usine nantaise où il est fabriqué. Sa production a notamment le moral en berne - moins 40% depuis trois ans. Résultat : l'enseigne Carrefour a décidé de le retirer de ses rayons. 

"Nous n'arrivons plus à les vendre. Nous leur avons demandé de trouver des solutions pour innover, séduire le consommateur, nous leur avons laissé du temps, mais rien n'avance, ils sont trop passifs", a avancé le distributeur pour tenter d'expliquer son geste. Las ! Le mal est fait. Et à l'idée que ces célèbres gâteaux, que l'on s'appliquait à ouvrir en deux afin de pouvoir lécher l'intérieur, puissent disparaître, les enfants devenus grands ont rapidement exprimé leur désarroi sur Twitter.

Certains n'hésitent pas à déclarer : "Ma vie s'écroule", quand d'autres annoncent crânement qu'ils vont faire des stocks pour ne pas se retrouver démunis.

Une idée de génie

Et pourtant, pendant plus de 80 ans, cet objet culte a été adulé par plusieurs générations d'écoliers. Il faut dire que cet "inimitable goûter", "toujours frais sous son magnifique papier d'argent" a toute une histoire : apparu en 1932 dans les ateliers de la Biscuiterie Nantaise (d'où son nom : BN, ndlr), sous la forme de deux grands biscuits secs, il fut rapidement destiné à nourrir les soldats pendant la guerre. Puis, dans les années 50, son fabricant eut l'idée de génie d'y fourrer du cacao. La marque "choco BN" était née. Elle connaîtra ensuite son apogée dans les années 70, vantée par de nombreuses réclames.

Puis en perte de vitesse dans les années 80, le BN avait réussi à se renouveler et à faire peau neuve parmi la masse d'imitations qui le menaçaient, en arborant en 1992 des yeux écarquillés et un large sourire en chocolat. Baptisé "le BN", il était devenu le biscuit copain, complice des enfants.

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Des consommateurs soucieux de leur alimentation

Mais aujourd'hui, la nostalgie ne suffit plus. Les changements d'habitude des consommateurs, plus soucieux de leur alimentation, sont passés par là : "Ce n’est plus une marque qui a une grande place dans mon cœur, pour les produits qu’ils utilisent, comme l’huile de palme", disent certains. Quand d'autres pointent du doigt son côté "trop sucré", "pas assez bio". Démodés les choco BN ? Ça se pourrait bien ! L’entreprise agroalimentaire turque Yildiz, désormais propriétaire de la biscuiterie nantaise, va donc devoir trouver LA recette pour relancer son biscuit phare. Et vite... 

"Aujourd'hui c'est Carrefour, demain, ça sera peut-être d'autres grandes surfaces, Leclerc, Auchan...", s'inquiète ainsi, dans Le Parisien, Mickaël Villeneuve, élu CGT et ouvrier de production dans l'usine. En attendant, Carrefour a tout de même maintenu jusqu'en 2020 la vente des BN fourrés à la confiture, laissant ainsi un peu de temps - et une chance ? - à ces gâteaux emblématiques de ne pas totalement disparaître de notre mémoire collective.

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