Harcèlement à l'école : une association détourne les codes des réseaux sociaux pour sensibiliser les jeunes

Famille

STOP ! - A l'occasion de la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire, Jean-Michel Blanquer lance ce jeudi la nouvelle campagne "Non au harcèlement". L'occasion de souligner qu'un élève sur dix en est victime, dès le primaire. Pour mieux sensibiliser les jeunes, l'ONG Respect Zone a de son côté décidé de reprendre les codes des "stories" diffusées sur Facebook et Instagram.

Depuis quelques années, la France tente de rattraper son retard sur ses voisins dans la lutte contre le harcèlement à l'école. Mais le chemin reste long. Alors que se tient ce jeudi la cinquième journée nationale de mobilisation, qui insiste sur l'importance du collectif, les chiffres sont toujours aussi accablants : selon plusieurs enquêtes, 10% des élèves de primaire, 6% des collégiens et 1,4% des lycéens sont concernés. Et parmi les enfants en situation de détresse, 25% ont déjà pensé au suicide, avance l'Unicef.

Le plus souvent, il s’agit d’insultes et de racket. Mais d’autres situations (moqueries, menaces, gestes déplacés, violences physiques ...) relèvent également du harcèlement. Un phénomène d'autant plus dangereux qu'il franchit désormais la grille des écoles pour poursuivre les victimes jusque chez elles sur Internet. Pour lutter contre cette violence du quotidien, l’association Respect Zone a décidé de détourner les fonctionnalités des réseaux sociaux - plébiscités par les ados - pour appeler les collégiens et les lycéens à réagir. 

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"Reste attentif"

Cette campagne inédite, lancée dans le cadre du programme Hack for Good organisé par Facebook, s'adresse aux jeunes "qui ne voient pas ce qui se passe sous leurs yeux". Pour ce faire, elle présente l'histoire, en "mode accéléré" d'un jeune qui se fait harceler par ses camarades. Il est ensuite proposé de revisionner la vidéo en utilisant le "Tap & Hold" (appuyer et maintenir), un principe propre aux "stories" sur Facebook et Instagram permettant de faire un arrêt sur image. 

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Articulée autour de trois formes de harcèlement parmi les plus courantes  - la morphophobie (les attaques sur le physique), l’homophobie et l’atteinte à la réputation - ces clips-vidéos nous plongent dans des scènes de vie d’adolescents, accompagnées de messages d’élèves parfois difficiles à lire ("A une époque, les gens comme toi on les faisait soigner", "T'es un gros tu ferais mieux de retourner vivre avec ta famille les porcs"...), qui reflètent la tragique réalité du harcèlement. Un mal nécessaire pour Cloé Yquel et William Keo, le duo créatif de Publicis Conseil à l’origine de cette campagne : "Pour pouvoir remporter la lutte contre le harcèlement, il faut commencer par le définir clairement et sous quelles formes il se manifeste. Les témoignages que nous avons rassemblés pour écrire les trois films nous ont bouleversés. C’est pourquoi nous tenions à rester fidèles à la réalité du harcèlement et sa violence", expliquent-ils. 

"Ce que l’on montre c’est que le harcèlement peut vite être vécu comme un film d’horreur qui se répète au quotidien, avance de son côté Philippe Coen, le président de Respect Zone. Nous déployons l’énergie de nos bénévoles afin d’offrir aux élèves, aux écoles et aux familles les outils adéquats pour prévenir, connaître ses droits et pour appuyer sur Stop avant qu’il ne soit trop tard".  Déjà visibles sur Instagram et Facebook, ces "stories" seront également diffusées à la télévision dès ce jeudi 7 novembre. Une façon de permettre aux enfants et aux ados d’aborder le sujet auprès de leur famille, mais aussi et surtout de ne plus jamais détourner le regard, que ce soit dans les cours d'école ou ailleurs.

De son côté, le ministère de l'Education nationale a lui aussi mis en ligne un clip de prévention ce jeudi : 

"A plusieurs, on est fort contre le harcèlement", conclut cette vidéo de sensibilisation.

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