PMA post-mortem : le Conseil d'Etat dit non à Laurenne, qui voulait un enfant de son mari décédé

PMA post-mortem : le Conseil d'Etat dit non à Laurenne, qui voulait un enfant de son mari décédé
Famille

JUSTICE - Laurenne, qui racontait son combat dimanche dans l’émission "Sept à Huit", n’a pas obtenu gain de cause : le Conseil d’Etat a rejeté ce vendredi sa demande de transférer en Espagne les embryons conçus avec son mari, aujourd’hui décédé, pour avoir un troisième enfant de lui.

Faut-il ouvrir la possibilité pour une veuve de poursuivre une procréation médicalement assistée (PMA) engagée avant la mort de son compagnon ? Les sénateurs se sont penchés sur cette douloureuse question cette semaine, au moment même où l'ouverture de la PMA à toutes les femmes est  en débat au Sénat . Et ils ont - de justesse - dit non. Ce vendredi, le Conseil d’Etat apporte une même réponse à une femme qui souhaitait transférer, dans un centre de reproduction assistée à Barcelone, des embryons conçus de son vivant avec son époux décédé, en vue d’une troisième grossesse.

Cette mère de famille, Laurenne, témoignait dimanche dernier dans l’émission de TF1 "Sept à Huit" (son interview est à retrouver dans la vidéo en tête de cet article). Elle y racontait le tour tragique qu'a pris son histoire d'amour fin 2016, le jour de Noël, lorsque son mari Roy a appris qu'il était atteint d'une leucémie. Ils avaient alors une fille, et auront ensuite un autre enfant, par PMA. Mais alors que le couple voulait encore avoir un bébé grâce aux embryons restants, Roy décédera quatre mois plus tard, en avril dernier. Laissant derrière lui une lettre : "Je souhaiterais vivement que ma femme puisse utiliser les embryons que nous avions conservés. De là-haut, je serai le plus heureux de voir tout cela se faire".

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Autorisé en Espagne, pas en France

En décembre dernier, le tribunal administratif de Rennes avait rejeté la demande de Laurenne, qui réclamait le droit de pouvoir transférer dans un centre de reproduction assistée à Barcelone les quatre embryons conservés par le CHU de Brest. La PMA post-mortem est en effet autorisée en Espagne dans les 12 mois suivant le décès du mari. Face à ce refus, la jeune veuve s'était alors tournée vers le Conseil d'Etat.

Mais celui-ci a donc confirmé la décision initiale, soulignant que "la conservation d’embryons ne peut être autorisée en France qu’en vue de la réalisation d’une assistance médicale à la procréation entrant dans les prévisions légales du code de la santé publique". Laurenne "n’entretenant aucun lien avec l’Espagne" et sa requête n'étant "fondée que sur la possibilité légale d’y faire procéder à un transfert d’embryon post-mortem", le Conseil d'Etat a estimé que le rejet de celle-ci ne portait pas "une atteinte excessive" à une liberté fondamentale. 

"La décision est à nouveau très dure", a réagi ce vendredi l'avocate de la jeune femme, maître Catherine Logéat, qui aurait espéré que le fait qu'il soit ici question d'embryons conçus par le couple, et non des seuls gamètes du mari décédé, "change la situation." Cet épilogue va selon elle "à rebours d'une décision législative à venir", mais qui arrivera trop tard pour sa cliente.

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