Votre ado est scotché aux réseaux sociaux ? Cela ne nuit pas à son bien-être, affirme une vaste étude

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INTERNET - On dit tout et son contraire sur le sujet, mais deux chercheurs de l'université d'Oxford viennent de trancher le débat : le temps passé par les adolescents sur les écrans et les réseaux sociaux n'aurait finalement que peu d'effets sur leur bien-être. Explications...

Depuis plusieurs années, le temps passé sur les réseaux sociaux par les adolescents alimente de nombreux débats, certaines études et enquêtes suggérant que cela pourrait avoir des conséquences néfastes sur leur santé mentale. Quand d'autres disent, au contraire, que cela a des effets positifs, notamment en aidant les jeunes à se socialiser. Alors, qui croire ? Une dernière étude sur le sujet, publiée le 2 avril dans la revue Psychological Science, et rapportée ce mardi par The Guardian, vient battre en brèche certains de ces préjugés en déclarant que ce fameux temps dédié aux écrans n'aurait en réalité que très peu d'impact sur le bien-être des adolescents.

Pour arriver à ce résultat, les auteurs de cette enquête, deux chercheurs en psychologie de l'université d'Oxford, Amy Orben et Andrew Przybylski, ont demandé à 12.000 jeunes, âgés de 10 à 15 ans, de dire combien de temps ils avaient passé à utiliser les réseaux sociaux lors d'une journée d'école normale, en notant à chaque fois ce qu'ils faisaient à une heure donnée; et d'évaluer parallèlement, par le biais d'un questionnaire, leur degré de satisfaction à l'égard de différents aspects de la vie. Ce qui permet, selon ces deux experts, d'arriver à des conclusions bien plus fiables que les travaux précédents, jugés pas assez rigoureux, car s'appuyant sur une auto-évaluation de ce temps passé sur les écrans. 

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D'autres problèmes à explorer

A l'arrivée, lorsque l'équipe a calculé la moyenne de toutes les analyses, elle a constaté que les enfants qui passaient plus de temps sur les réseaux sociaux n'étaient que légèrement plus susceptibles de dire qu'ils étaient insatisfaits de la vie. "Une utilisation plus grande des écrans par les adolescents ne peut expliquer que 0,25% des changements dans leur satisfaction dans la vie un an plus tard", a ainsi déclaré Amy Orben. "Inversement, les fluctuations de leur satisfaction à l'égard de la vie ne peuvent expliquer que 0,04% des changements dans leur utilisation des réseaux sociaux un an plus tard, ce qui est également minime", a-t-elle ajouté. Les chercheurs en déduisent donc que ce temps "ne serait pas par essence mauvais pour le bien-être psychologique".

Voilà de quoi satisfaire les parents, comme le souligne le professeur Przybylski à la BBC : "Ces derniers ne devraient pas s'inquiéter du temps passé sur les réseaux sociaux", a-t-il déclaré. "Nous sommes fixés sur le temps mais nous devons abandonner cette notion. Les résultats ne montrent aucune preuve qui permette de s'inquiéter". En revanche, les chercheurs pensent qu'il est maintenant important d'identifier les effets des contenus des réseaux sociaux sur les jeunes. C'est d'ailleurs ce qui pêche dans cette étude, puisque l'équipe a elle-même déclaré "qu’elle ne pouvait pas examiner ce que les enfants faisaient exactement sur ces réseaux sociaux, ni quelles plateformes ils utilisaient".

"Il est grand temps que l'industrie divulgue ses données d'utilisation et soutienne des recherches indépendantes", insiste Amy Orben. De son côté, le Dr Max Davie, membre de l'organisme professionnel des pédiatres au Royaume-Uni, a soutenu cet appel lancé aux entreprises pour qu'elles collaborent avec des scientifiques et a qualifié cette étude de "premier petit pas". Cependant, il a ajouté qu'il y avait d'autres problèmes à explorer, tels que l'interférence du temps d'écran avec des activités importantes comme le sommeil, l'exercice et le temps passé en famille ou entre amis.

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