Cannes 2014 – Avec "Bird people", Pascale Ferran s'envole

FESTIVAL DE CANNES
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UN CERTAIN REGARD – Après son multi-césarisé "Lady Chatterley" en 2007, Pascale Ferran a longuement planché sur le monde contemporain. Dans un hôtel de Roissy, deux personnages vont prendre leur envol de manière surprenante.

Un joli mystère entourait Bird People. Le dossier de presse a été remis aux journalistes après la projection pour qu'ils découvrent le film sans presque rien savoir. Une note les prie de ne pas trop révéler l'intrigue, souhait que nous respecterons tant la surprise au cours du film a été belle. Bird People n'est pas une histoire ordinaire, et l'on est prêt à croire Pascale Ferran lorsqu'elle dit, très émue au moment de présenter ces trois ans de travail, qu'après la projection "nous serons dépossédés de ce film. Il vous appartiendra ; faites-en le meilleur usage possible..."

Un événement où tout bascule

Contentons-nus de dire que Bird People est l'histoire croisée de deux personnages. Un homme d'affaires américain (Josh Charles) et une jeune femme de chambre (Anaïs Demoustier), dans un hôtel de Roissy. En plein burn out professionnel et privé, Gary décide de tout laisser tomber, boulot comme famille, et reste dans sa chambre à fumer et à boire. Audrey, elle, oublie sa solitude en faisant le ménage et en regardant les avions décoller. Dans ces lieux de passage, l'idée de transit est appuyée et permanente. Puis, Pascale Ferran et de son scénariste, Guillaume Bréaud, se sont posé LA question essentielle dans la fiction : "Et si... ?" Quelque chose arrive. D'étonnant et de ravissant, qui donne une aura de merveilleux à cette histoire de personnages assoiffés de liberté. L'incroyable difficulté de ce morceau de bravoure s'efface pour laisser place à une fluidité surnaturelle. On pense alors aux romans d'Haruki Murakami, dont Pascale Ferran est friande. Parions que le romancier japonais serait lui aussi conquis par ce film à la fraîcheur longue durée.
 

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