Cannes 2014 - "Grace de Monaco" : une ouverture entre glamour et polémique

Festival de Cannes

EVENEMENT – La 67e édition du Festival de Cannes débute mercredi avec la projection en avant-première mondiale de "Grace de Monaco", le film d’Olivier Dahan, avec Nicole Kidman. Un long-métrage que les enfants de la princesse refusent de soutenir, après avoir pourtant donné leur feu vert au projet. Explications.

Avec "Grace de Monaco", le 67e Festival de Cannes s’ouvre sur une première polémique. Albert, Caroline et Stéphanie, les enfants de la princesse défunte, ont en effet annoncé qu’ils n’assisteraient pas à la projection en avant-première mondiale, ce mercredi soir sur la Croisette. Dans une interview accordée le week-dernier à Nice-Matin, la princesse Stéphanie estimait que "ce film n’aurait jamais du exister", estimant qu’il "ne fait pas l’éloge de Monaco, ni du grand homme qu’était mon père, le prince Rainier".

"Je n’ai jamais voulu les blesser", assure le réalisateur Olivier Dahan à metronews, rencontré mardi à Cannes. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’ils n’ont pas vu le film qu’ils critiquent… mais qu’ils avaient donné leur accord au scénario. Je leur avais présenté, par politesse, ils l’ont annoté et j’ai pris en considération certaines de leurs remarques. Pas toutes mais plusieurs. Ensuite ils nous ont donné les autorisations de tourner à Monaco. Bref s’ils avaient voulu l’empêcher, ils auraient pu !".

Pas question de faire un biopic classique

A l’écran, Nicole Kidman et Tim Roth incarnent un couple aux relations plus complexes que le mythe entretenu par le Rocher au fil des années. Et présente une Grace Kelly frustrée par sa décision d’arrêter le cinéma, tandis que son époux, distant, bataille avec De Gaulle, désireux de contraindre la principauté à l’impôt. "Les Grimaldi veulent contrôler leur image et je le comprends parfaitement", observe Olivier Dahan. "Mais dans mon esprit, il n’a jamais été question de faire un biopic classique. Je n’aime pas ça. Raconter l’histoire de couple de manière factuelle ne m’intéressait pas. Ce que je voulais, c’est réaliser un portrait. Ce n’est pas tout à fait la même chose."

Ce qui explique pourquoi le scénario prend quelques libertés, parfois surprenantes, avec la réalité historique. Ainsi Alfred Hitchcock n’a jamais pris l’avion pour Monaco afin de convaincre Grace de faire son retour à Hollywood en tournant dans Pas de Printemps pour Marnie. Tandis que De Gaulle n’a jamais mis les pieds au Bal de la Croix-Rouge, en 1962, à l’invitation de la princesse, au pic de la crise entre Paris et la principauté. Autant de licences "poétiques" au service de la vision de l’auteur de La Môme.

Tordre le cou aux contes de fées

"Pour moi Grace de Monaco raconte l’histoire d’une femme qui est actrice depuis l’âge de 12 ans et qui décide d’arrêter sa carrière du jour au lendemain", insiste Olivier Dahan. "Je voulais aussi tordre le cou aux contes de fées qu’on vent encore aujourd’hui aux petites filles. Pour moi la princesse Grace est une métaphore des choix que doivent faire les femmes de nos jours. Entre le mariage, les enfants, le travail, la passion... Ce qui la rend à mon sens très actuelle."

 

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