CANNES 2014 - "Jane Campion par Jane Campion", un bel exercice d'admiration

FESTIVAL DE CANNES
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RENCONTRE – A l'occasion de la sortie du livre "Jane Campion par Jane Campion" (Cahiers du Cinéma), la présidente du jury du 67e Festival de Cannes s'est entretenue lors d'une courte conférence de presse avec son co-auteur, Michel Ciment.

Ils se sont rencontrés en 1986, et le coup de foudre amical a été réciproque. Michel Ciment, l'un des plus grands critiques de cinéma français, avait été frappé par les courts-métrages d'une jeune Néo-Zélandaise inconnue. Une interview a été suivie par plusieurs autres, comme un prolongement naturel : Ciment, conquis, a suivi toute la carrière de Jane Campion avec un enthousiasme qui n'a jamais baissé.

"Avec vous, je n'ai jamais été déçu", a avoué l'éditeur de la revue Positif dans un salon du Carlton, pour une présentation de leur livre qui s'est vite transformée en une touchante déclaration publique d'amitié. "Le regard et les encouragements de Michel sont importants pour moi", a répondu la réalisatrice, élégante sans ostentation en chemise bleue fluide, pantalon blanc et sandales argentées. "D'autant plus qu'on ne peut pas toujours tout aimer de ce que quelqu'un fait, et en tant qu'artiste, on ne peut pas toujours être conscient de la direction qu'on prend, ni de penser à plaire à tout le monde..."

Des documents et archives qui ont surpris Campion elle-même

Le beau livre Jane Campion par Jane Campion aborde la filmographie de la réalisatrice par ordre chronologique, des premiers courts-métrages à la mini-série Top of the Lake, accompagnées de textes personnels et des interviews avec Michel Ciment où les inspirations de Campion s'illuminent soudain, parfois à la plus grande surprise de l'intéressée : "C'est vrai que lorsque je fais un film, il y a des choses que je comprends à peine. Ça peut partir d'une image qui ne sera pas dans le film, ou d'une énergie, d'un besoin très fort. J'ai apprécié que vous mélangiez dans ce livre des photos des films, du tournage, de mes storyboards et bien d'autres qui ont nourri ma psyché pendant le tournage. Michel et son excellente équipe éditoriale, que je remercie, m'ont obligée à fouiller dans mes archives et ça m'a permis de faire des découvertes." Ciment précise : "J'aime les artistes qui ne se répètent pas. Mais en même temps, il y a un fil rouge dans son travail. Le rôle du critique est de réunir toutes ces pièces, de montrer une direction même inconsciente, une cohérence stylistique."

Au fil de l'échange, le rire de Jane Campion fuse plutôt deux fois qu'une. On ne peut qu'approuver le journaliste lorsqu'il conclut : "Son rire résume son indépendance et la vitalité de son cinéma. Elle n'est ni prétentieuse ni taiseuse pour parler de son travail, je n'ai jamais vu d'amertume en elle, c'est quelqu'un de très authentique. Et comme tous les gens très authentiques, je ne pense pas qu'elle change."

A lire : Jane Campion par Jane Campion, avec Michel Ciment, Cahiers du Cinéma, 224 p., 45 euros.
 

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