Cannes 2014 : Jane Campion, une présidente prête à "prendre ses responsabilités"

FESTIVAL DE CANNES
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EVENEMENT – Le 67e Festival de Cannes s’est ouvert mercredi avec la projection de Grace de Monaco, avec Nicole Kidman. Et les premiers pas du jury dirigé par Jane Campion, seule femme lauréate de la Palme d’Or avec La leçon de piano, en 1993. Plus pour très longtemps ?

Les absents ont toujours tort, dit-on. Mercredi soir, on ne parlait que d’eux, ou presque, alors que Nicole Kidman, Tim Roth et l’équipe de Grace de Monaco montaient les marches du Palais des Festivals. Eux, ce sont les enfants de la princesse défunte, ceux-ci ayant décidé de boycotter le portrait de l’icône du Rocher, mis en scène par le frenchie Olivier Dahan. Lequel a été plutôt fraichement accueilli par la presse spécialisée, dans la matinée. Trop populaire pour les fans de Michael Haneke ? Pas assez arty pour les amateurs des frère Dardenne ? Toujours est-il que même le distributeur américain Harvey Weinstein a snobé la projection parce qu’il était "retenu en Jordanie où il visite avec sa femme des camps de réfugiés syriens". Ca ne s’invente pas…

Sur les marches, en revanche, on a pu apercevoir la présidente Jane Campion et son jury, composé cette année de cinq femmes et quatre hommes, une première depuis 2009. Seule femme lauréate de la Palme d’Or, l’auteure de La leçon de piano a rappelé que les sélections cannoises accueillaient "20% de réalisatrices", alors que "seuls 7% des 1 800 films présentés aux organisateurs étaient dirigés par des femmes". Mais si les règles de l’industrie cinématographique ne lui paraissent "pas très démocratiques", pas question de donner des consignes de votes à ses jurés. Mais l’obligation de "se réunir au moins trois fois au cours du festival pour prendre la température. S’il doit y avoir des batailles à la fin, chacun prendra ses responsabilités."

Une deuxième Palme féminine ?

Enfant de la Croisette – elle remporta la Palme du court métrage en 1982, à l’âge de 28 ans, la réalisatrice de Bright Star pourrait être tentée d’adouber un nouveau venu comme l’Italienne Alice Rohrwacher, issue des sélections parallèles, en compétition pour la première fois avec son deuxième film, Les Merveilles. Ou bien de primer l’un des réalisateurs soutenus depuis des années par le festival. A ce petit jeu, de nombreux bookmakers misent sur la Japonaise Naomi Kawase (Deux fenêtres), régulièrement primée à Cannes, mais jamais palmée. Deux femmes, tiens tiens…

Enfin puisqu’il est souvent question de parité sur la Croisette, difficile de ne pas souligner le choix de Lambert Wilson, troisième homme seulement à tenir le rôle de "maître de cérémonie" sur la Croisette. Le comédie, solennel mais spirituel, a profité de l’occasion pour saluer la mémoire d’Alain Resnais, disparu le 1er mars dernier, moins de deux ans après sa dernière sélection à Cannes.
 

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