Cannes 2014 – Jessica Chastain illumine "La disparition d'Eleanor Rigby"

FESTIVAL DE CANNES
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UN CERTAIN REGARD – Pour son grand retour au Festival qui a lancé sa carrière, Jessica Chastain incarne une femme dévastée par la mort de son bébé dans le premier film de l'Américain Ned Benson.

Chevelure flamboyante, peau diaphane et robe bleue : Jessica Chastain fait son petit effet lorsqu'elle monte les trois marches du théâtre Debussy. Celle qui a vu sa carrière d'actrice décoller à Cannes en 2011 (grand prix de la Semaine de la Critique pour Take shelter et Palme d'or pour The Tree of life) garde la même fraîcheur de débutante venue présenter un nouveau film. Sa complicité potache avec James McAvoy laisse entendre que le tournage de La disparition d'Eleanor Rigby a été une partie de rigolade, alors qu'elle y a certainement trouvé son rôle le plus délicat et le plus difficile.

Réapprendre à vivre après la mort d'un enfant

Eleanor Rigby doit son nom à la rencontre de ses parents à Londres sur un lieu de légende des Beatles. On fait sa connaissance en folle amoureuse de Conor (James McAvoy, toujours charmant). La scène d'après, elle fait une tentative de suicide. La faille spatio-temporelle entre les deux moments se reconstitue au fur et à mesure du film. Eleanor et Conor ont eu un petit garçon, dont la mort prématurée a fait exploser leur couple. Après sa tentative ratée, Eleanor retourne vivre chez ses parents ; Conor est au bord de la faillite, incapable de penser à autre chose qu'à sa femme qui l'a quitté. Celle-ci essaie de remonter la pente, d'effacer son chagrin, en s'inscrivant à la fac dans le cours d'une collègue de son père, une philosophe au cynisme réjouissant.

Jessica Chastain n'a jamais paru aussi pâle, menue et fragile dans ce rôle de femme en deuil de tout et d'elle-même. Ses sourires sont d'autant plus émouvants qu'ils partent d'un vieux fond de vie qui n'a pas dit son dernier mot. Pour l'anecdote, c'est Isabelle Huppert qui joue la mère d'Eleanor en caricature de Française comme les Américains aiment nous imaginer, artiste fantasque avec un verre de vin greffé à la main. Un potentiel comique bien moins convaincant que le sens dramatique de notre jeune couple brisé.
 

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