Cannes 2014 - Mais qui va gagner la Queer Palm ?

FESTIVAL DE CANNES
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INTERVIEW - Comme chaque année depuis 2010, une Queer Palm sera décernée sur la Croisette à un film traitant des questions LGBT. Franck Finance-Madureira, président et fondateur de l'événement, revient pour Metronews sur la création de ce prix et son évolution.

Quand et dans quel contexte est née la Queer Palm ?
Début 2010, j'avais un peu mûri l'idée de faire l'équivalent du Teddy Award de Berlin à Cannes. En l’occurrence, monter un jury et récompenser un film traitant des questions LGBT, de genres, de codes, de normes. L'idée du nom "Queer Palm" partait réellement de cette volonté d'ouverture. Mes amis Olivier Ducastel et Jacques Martineau, avec lesquels j'évoquais le projet, m'ont tout de suite conseillé de le faire dès le festival 2010. Ils m'ont "parrainé" en m'ouvrant leur carnet d'adresses et l'aventure a commencé.

Comment expliquez-vous qu’elle ait mis autant de temps à se mettre en place alors que son équivalent existe en Allemagne depuis 1987 ?
Il fallait que quelqu'un ait l'envie et la motivation nécessaires pour porter un tel projet à bien. Alors disons que je me suis dévoué ! Le prix se fait via une association, créée récemment, et l'agence Anne Testuz Communication dans laquelle je suis associé et dirigeant du pôle cinéma.

Comment la Queer Palm a-t-elle évolué ?
Dès la première année, le prix a été porté par la réaction ultra positive des médias et des professionnels. L'équipe a un peu grandi mais les moyens restent limités car les sponsors ne sont pas légion en France sur ce genre d'événements. Mais l'année dernière la cérémonie de remise du prix sur la Terrazza Martini a accueilli près de 700 invités. Et cette année, nous avons développé des partenariats pour créer avec l'équipe du Club 7 un lieu de nuit à notre image, La Dame de Cœur, ouvert tous les soirs de minuit à l'aube (au 7, rue Rouguière, ndlr). Nous avons un président ou une présidente du jury : la journaliste Elisabeth Quin en 2011, le comédienne et productrice Julie Gayet en 2012, le réalisateur portugais Joao Pedro Rodrigues en 2013 et le réalisateur canadien Bruce LaBruce cette année. Nous sommes très fiers que ces cinéphiles avertis et motivés par le prix nous ait accordé naturellement et de la plus belle façon leur soutien au fil des années.

Parlez-nous de Bruce LaBruce justement…
C’est un artiste complet : journaliste, photographe, DJ et bien sûr réalisateur culte ! Il a accepté tout de suite notre proposition et il a même posé pour notre visuel officiel un peu décalé qui a fait la couverture du supplément que nous avons édité avec Têtu. C'est un réalisateur culte pour tous ceux qui s'intéressent au cinéma indépendant et au cinéma queer. Et c'est un homme charmant qui a mis à l'aise tous les membres de son jury par sa simplicité, son écoute et sa passion pour le cinéma.

Quels critères doivent remplir les films pour être éligibles au prix ?
Nous restons très ouverts dans la façon de mettre en place notre sélection parmi les différentes sections cannoises : des sujets LGBT, des personnages LGBT, une ambiance ambigüe, des histoires de parcours de vie hors normes, des films féministes… Tout ce qui est "queer" au sens large nous intéresse.

Trouvez-vous que la visibilité accordée à la communauté LGBT s’est accrue au fil des années ?
Je pense qu'avoir entre 12 et 14 films depuis deux ans dans notre sélection est un symbole fort de l'évolution des représentations de tous ceux qui vivent en dehors des normes établies. Cette visibilité est importante pour ceux qui peuvent enfin s'identifier à des personnages proches d’eux. Elle permet également au grand public de découvrir ceux qui peuvent leur paraître éloignés. C'est le but d'un prix de cinéma comme la Queer Palm : se découvrir et se rapprocher les uns les autres, qui que nous soyons.

Quels sont les principaux favoris cette année ?
Difficile de juger sur des synopsis et sur trois films vus. Rendez-vous le vendredi 23 mai vers 22h sur une plage cannoise pour découvrir le verdict du jury et savoir quel film succèdera à Kaboom, Beauty, Laurence Anyways et L'Inconnu du lac.
 

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