Cannes 2016 - Jodie Foster : "Trump président ? On a tous du mal à le croire"

Cannes 2016 -  Jodie Foster : "Trump président ? On a tous du mal à le croire"

INTERVIEW – L’actrice réalise "Money Monster", son quatrième long-métrage présenté hors compétition au Festival de Cannes. Elle y dirige George Clooney, interprète d'un présentateur télé pris en otage par un spectateur en faillite. Metronews a rencontré la cinéaste sur la Croisette la veille de sa montée des marches et de la sortie en salles.

Il y a eu pas mal de films sur la crise du côté des traders mais vous avez choisi de vous placer du point de vue du petit épargnant. Pourquoi ?
Je voulais me concentrer sur les gens exclus du système mais qui rêvent d’en faire partie. Alors que tout a été créé pour qu’ils ne comprennent rien et pour les décourager par ceux qui tiennent les cordes et qui ne pensent qu’à leur profit.

Quelle était votre motivation première pour ce film ?
Il y avait bien sûr l’arrière plan, le monde des finances, de la technologie, des médias. Mais ce sont toujours les personnages qui m’attirent, leurs caractéristiques et ici, la fraternité qui naît peu à peu entre le preneur d’otage et sa victime pour aboutir sur quelque chose de très humaniste.

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Au départ, vos personnages sont très seuls et ne savent plus communiquer. C’est selon vous le reflet d’une tendance actuelle ?
Ce film est une réflexion sur notre culture moderne : les relations entre les gens sont devenues virtuelles. Dans le film, le personnage de Julia parle à George via une oreillette, lui la regarde via un moniteur, et pourtant ils ont l’impression d’être plus proches l’un de l’autre que s’ils étaient dans la même pièce.

Pourquoi avoir choisi George Clooney pour incarner ce gourou de la finance ?  Parce qu’il fallait quelqu'un dont le charme s’impose d’emblée ?
Surtout parce que c’est un très bon acteur ! Au début, Lee est égoïste et a perdu tout sens des responsabilités en tant que journaliste mais, à travers cette relation avec ce garçon qui le renvoie à ce qu’il est vraiment, il retrouve son humanité. Je savais que George serait parfait pour incarner cela.

Vos précédents films étaient plus intimistes. Il y avait une volonté de vous essayer à quelque chose de plus grande envergure ?

Absolument. Je voulais voir s’il était encore possible de faire un film grand public comme avant : un thriller rapide, efficace, mais intellectuellement compliqué et avec des personnages complexes. Je crois d’ailleurs que les spectateurs ne demandent qu’à être mis au défi. Les gens ne veulent pas être des moutons devant des films de super héros.

Un mot sur Donald Trump. On a du mal à croire qu’il sera votre prochain Président.
On a tous du mal à le croire. Mais il reflète une rage chez les gens qui en ont marre des inégalités et des injustices. Vous avez cela en France avec Le Pen aussi. J’ignore si Trump sera élu mais il est certain qu’au regard de ce qui se passe actuellement, nous devons retenir la leçon et apprendre des choses sur nos citoyens.

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