Cannes 2016 - Pour savoir qui aura la Palme d'Or, devinons les goûts de George Miller et des membres du jury !

Cannes 2016 - Pour savoir qui aura la Palme d'Or, devinons les goûts de George Miller et des membres du jury !

PSYCHOLOGIE – Cette année, 21 films concourront pour remporter la Palme d’Or. Afin de les départager, il faudra compter sur un jury présidé par George Miller, qui revient sur la Croisette avec une tâche délicate un an après le raz-de-marée "Mad Max Fury Road". metronews s’est amusé en rentrer dans la tête des jurés pour deviner leurs goûts. Florilège fantasmé ci-après !

Chaque année, Cannes se mue en laboratoire de psychologie géant où journalistes et festivaliers, d’une même voix cacophonique, s’improvisent turfistes. Les paris fous fleurissent ainsi aussi haut que les cocotiers qui chaperonnent une Croisette en ébullition. Parmi les sujets les plus discutés : celui de la Palme d’Or. Les longs métrages en lice pour la récompense ultime ne sont même pas encore projetés que les interrogations et autres suppositions délirantes vont déjà bon train quant aux goûts du président du jury et de ses huit jurés. metronews s’est prêté, en toute légèreté et subjectivité, à cet exercice délicieusement farfelu.

► George Miller, président du jury
Même un profiler ès cinéma ne saurait cerner avec précision la sensibilité cinématographique du réalisateur australien George Miller. Entre sa saga Mad Max (l’époustouflant Fury Road inclus) et ses oeuvres enfantines (Babe ou Happy Feet), difficile en effet de saisir pleinement la teneur de sa sensibilité artistique. Va-t-il aller vers l’oeuvre la plus mainstream de la sélection ? Sera-t-il réceptif, en ex étudiant de médecine, à Adèle Haenel en praticienne généraliste chez les Dardenne ? Ou, comme Tim Burton en 2010 pour Oncle Boonmee, offrira-t-il le Graal à l’oeuvre la plus éloignée de son univers ? Allez savoir.    

 Vanessa Paradis
A vue de nez, la star française devrait succomber à n’importe quelle oeuvre dans laquelle interviendra un taxi. Ou un chauffeur Uber à la limite, à condition qu’il s’appelle Joe. Au-delà de ces critères, il semblerait que la jolie actrice et chanteuse, en fine mélomane, soit sensible à la douce mélodie d’une intrigue. On l’imagine vibrer pour une oeuvre délicate. Quelque chose d’intelligent sans être forcément élitiste. Pourquoi pas Aquarius du brésilien Kleber Mendonça Filho dans lequel une cinquantenaire de Recife repense à sa vie ? 

► Arnaud Desplechin
Un héros verbeux, qui se pose une fournée de questions existentielles, et dont la coiffure consiste à laisser le cheveu libre de se faire la malle… Tel pourrait être le type de personnage sur lequel Arnaud Desplechin s’attarderait avec gourmandise ! Cinéphile aguerri et averti, passé par l’université Paris III (où il a suivi les cours de l’illustre Serge Daney) et par l’IDHEC (ex Femis), le monsieur devrait théoriquement préférer Personnal Shopper d’Olivier Assayas ou Ma Loute de Bruno Dumont à Mal de Pierre de Nicole Garcia. A moins qu’on se plante totalement…

► Kirsten Dunst
On ne va pas se mentir. Il semble évident que la belle Kristen trépigne d’impatience à l’idée de découvrir Loving, le nouveau film du prodigieux Jeff Nichols, qui l’a dirigée cette année dans Midnight Special. Néanmoins, si la craquante blonde choisit par éthique de ne pas favoriser ses connaissances, l’éventail de possibilités est aussi large que le bas d’un pattes-d’éph. Bah quoi ? Quand on est capable de bronzer lascivement sous la lune dans Melancholia et de faire un bisou baveux à un Spider-man à l’envers, de slalomer entre Cameron Crowe et la série Fargo, dire que le mystère est total serait un euphémisme.

 Valeria Golino
Belle, latine, forte, vivante, passionnelle… De Respiro à Par amour en passant par Jacky au royaume des filles, on remarquera que l’envoûtante italienne célèbre toujours, d’une façon ou d’une autre, la femme. On la verrait bien pleurer, rire ou rêver devant la destinée d’une héroïne. Pourquoi pas la prometteuse Julieta de Pedro Almodovar ? Ou la servante du Mademoiselle de Park Chan-wook ? Peut-être aussi l’épouse malaimée incarnée par Marion Cotillard dans Mal de Pierres ou la Ma’rosa de Brillante Mendoza, qui deale des narcotiques façon Walter White pour vivre ?

 László Nemes
On connait beaucoup moins le réalisateur hongrois que ses autres amis du jury. L’an dernier, Nemes est entré dans nos vies (cinématographiques) comme un couteau planté dans la chair. Avec Le fils de Saul, il nous proposait une plongée traumatisante au coeur d’Auschwitz à travers le parcours d’un membre des Sonderkommandos, des Juifs obligés d’œuvrer pour la solution finale. Sa mise en scène radicale, riche d’un parti pris fort, imposait le respect. On l’imagine éventuellement être attiré par Rester Vertical d’Alain Guiraudie, Sierranevada de Cristi Puiu ou Baccalauréat de Christian Mungiu. Soit des longs métrages où la mise en scène promet d’être reine.

 Mads Mikkelsen
Si le charismatique acteur danois laisse son coeur parler, celui-ci battra fort pour son concitoyen : l’angoissé Nicolas Winding Refn. Entre les deux hommes, c’est peu de dire que l’amitié humaine et artistique est au beau fixe. Rappelons qu’ils ont collaboré ensemble pour les besoins de la trilogie Pusher et du Guerrier Silencieux. Mads Mikkelsen regardera donc avec une attention folle Neon Demon, la nouvelle réalisation sanglante de Refn sur fond de quête de beauté. L’acteur aime aussi les films noirs et les méchants très méchants. Allez, pour lui, on mise éventuellement sur Elle de Paul Verhoeven. 

► Donald Sutherland
D’aucuns diraient que Donald adore 24 heures chrono, la série qui a popularisé mondialement son fils Kiefer. Au risque de le décevoir, Cannes n’est pas du genre à être un fournisseur officiel de ce type de production. Il n’empêche que l’acteur canadien bénéficie de la sagesse des années pour porter un jugement personnel sur la compète. Quand on a tourné avec Robert Altman, Robert Aldrich, John Sturges, Nicolas Roeg ou Claude Chabrol, les sens sont aiguisés au maximum pour juger d’une oeuvre. Une petite intuition nous murmure qu’il pourrait aimer I, Daniel Blake de Ken Loach. Mais ce n’est qu’une intuition.

► Katayoon Shahabi
La brillante productrice iranienne, membre la plus méconnue du jury 2016, devrait découvrir avec un vif intérêt Forushande, le nouveau puzzle dramatique d’Asghar Farhadi (dont elle a distribué certains des films). C’est un fait. Mais évidemment, ce n’est pas parce qu’on est Italien qu’on n’aime que la pizza. La jeune femme de 33 ans, en grande cinéphile qu’elle est, pourrait bien jeter son dévolu sur toute oeuvre courageuse, de quelque pays que ce soit, allant de pair avec un combat (personnel, historique, politique…). Rappelons que l’intéressée a été arrêtée en septembre 2011 à Téhéran et emprisonnée à la prison d’Évin. Son tort ? Avoir donné une mauvaise image de son pays. 

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