Cannes 2017 – Entre épouvante et tragédie, "Mise à mort du cerf sacré" joue avec nos nerfs

BIZARRE, VOUS AVEZ DIT BIZARRE ? - Deux ans après "The Lobster", prix du jury, le réalisateur grec Yorgos Lanthimos retrouve Colin Farrell et la Croisette avec l’éprouvant "Mise à mort du cerf sacré". Un drame à la lisière du fantastique qui a divisé les festivaliers. La marque des grands films ?

Des applaudissements polis et quelques huées ont suivi la projection de presse, lundi matin, de Mise à mort du cerf sacré, le nouveau film du cinéaste grec Yorgos Lanthimos. Tout sauf consensuel, ce vrai-faux film de genre porte la patte tragique et bizarre de son auteur, déjà primé à Cannes avec Canine et The Lobster

Le pitch ?

Chirurgien du cœur réputé, Steven prend sous son aile Martin, un adolescent qu’il présente à sa femme Anna et ses enfants Kim et Bob. Suite à un événement étrange, qui bouleverse l’équilibre de sa famille, Steven va être confronté à un dilemme aussi surréaliste que déchirant…

Les plus

Difficile d’en dire davantage sans dévoiler le choix cornélien auquel le cinéaste et scénariste confronte son personnage. Sinon qu’il plante dans la tête – et le cœur – du spectateur les racines d’un profond malaise qui grandit au fil des minutes et s’étend bien au-delà de la projection. Drame psychologique, Mise à mort du cerf sacré flirte avec l’épouvante réaliste de classiques comme Shining ou L’Exorciste, une légère dose d’humour noir en plus. Le tout renforcé par des cadrages hyper soignés, une bande-son dissonante et des comédiens hantés à l’unisson de ce cauchemar éveillé. Si le couple Colin Farrell-Nicole Kidman est particulièrement convaincant, le jeune Barry Keoghan, alias Martin, rafle la mise en réincarnation juvénile du mal absolu.

Les moins

Yorgos Lanthimos ne fait pas toujours dans la finesse, certains plans et effets de montage chocs surlignant le propos fantastique du film alors que le dilemme de Steven se suffit amplement à lui-même. On a aussi le droit de penser que le cinéaste est un pur manipulateur, à défaut d’un véritable humaniste. Mais quand c’est exécuté avec autant d’habileté...

En vidéo

Cannes 2017 : Nicole Kidman vue par la Croisette

Des chances au palmarès ?

Mise à mort du cerf sacré est une expérience qui ne peut pas laisser indifférent, qu’elle suscite fascination ou dégoût. Des cinéastes comme Pedro Almodovar, Park Chan-wook et Paolo Sorrentino qui ont le goût de la forme – parfois trop – pourraient être sensibles à la mise en scène très "voyante" de Yorgos Lanthimos. Colin Farrell, en impassible chirurgien dont la carapace s’effrite au fur et  à mesure, est un candidat plus que crédible au prix d’interprétation.

Ce qu'en dit la Croisette...

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