Cannes 2017 – Roman Polanski : "Je ne comprends pas comment quelqu’un de si intelligent peut poser une question aussi stupide"

EN FORME – Le réalisateur franco-polonais, venu présenter "D'après une histoire vraie" hors compétition ce samedi, a fait le show en conférence de presse, demandant souvent à ce que les questions lui soient répétées et n'hésitant pas à taquiner les journalistes. Provoquant de grands rires dans l'assemblée venue forcément nombreuse pour sa seule prise de parole sur la Croisette.

Il ne donne pas d'interview. Pour espérer parler à Roman Polanski, il fallait avoir pris place en conférence de presse. Samedi matin, rendez-vous était donc pris pour évoquer D'après une histoire vraie, le long-métrage qu'il devait présenter le soir-même hors compétition dans le cadre du 70e anniversaire du Festival de Cannes. A ses côtés, les héroïnes de son thriller adapté du roman de Delphine de Vigan du même nom, Emmanuelle Seigner et Eva Green. C'est d'ailleurs à Emmanuelle Seigner, Madame Polanski à la ville, que la première question a été posée.

"Je n’ai jamais fait un film où deux femmes s’opposaient, c'était toujours deux hommes ou un homme et une femme", a déclaré le réalisateur franco-polonais, évoquant l'aspect thriller de son long-métrage. A chaque question qui lui était destinée, la même interrogation : allait-on l'interroger sur la polémique des César,  les accusations de viol sur mineure qui pèsent sur lui depuis 1977 aux Etats-Unis ? Rien de tout ça. Roman Polanski a beaucoup parlé de son film, de son travail d'adaptation, incitant les journalistes présents à poser davantage de questions à son co-scénariste Olivier Assayas et à son compositeur Alexandre Desplat.

Il est très difficile par exemple de voir "Borat" tout seul plutôt que de le voir dans une salle ou tout le monde ritRoman Polanski, pas inquiet pour l'avenir du cinéma

 "Il y a un appétit pour la vérité, partout, à la télévision, à la radio. Tous les jours nous entendons des infos. On y croit et on s'aperçoit plus tard que c'est faux (...) Je pense qu'il y a un désir de revenir à des points de référence pour se dire ce qui s'est réellement passé", a-t-il dit en réponse à une question sur les fictions au cinéma. Quant à  la polémique Netflix, elle ne l'inquiète pas pour l'avenir du cinéma.  "Je ne crois pas que le cinéma est en danger. Je pense que les gens vont continuer à aller en salles, non pas parce que le son est meilleur, la projection de meilleure qualité ou le fauteuil plus confortable qu'à la maison. Ils vont dans les cinémas pour participer à une expérience autour d'eux : c'est aussi ancien que l'humanité depuis les théâtres grecs et les cirques romains", a-t-il estimé. "Il est très difficile par exemple de voir Borat tout seul plutôt que de le voir dans une salle ou tout le monde rit", a-t-il lancé sous les rires de la  salle.

Des rires, il y en a eu beaucoup. Notamment lorsqu'un journaliste ukrainien lui a demandé s'il était "plus facile de travailler avec une femme ou de vivre avec elle ?" "Je ne comprends pas comment quelqu’un de si intelligent peut poser une question aussi stupide", lui a répliqué Roman Polanski, provoquant un éclat de rire chez Emmanuelle Seigner et une moue gênée chez Eva Green. "C'est évident qu'il est plus facile de travailler avec elles que de vivre avec elles", a-t-il finalement conclu. Une séquence à retrouver ci-dessus.

Infos, critiques, coulisses… Retrouvez toute l’actu de la Croisette sur notre page spéciale.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Festival de Cannes 2017

Plus d'articles

Lire et commenter