"Les Filles du Soleil" : Golshiftheh Farhahani illumine le mélo guerrier de Eva Husson

ON AIME - Si "Les Filles du Soleil" n’a pas fait l’unanimité sur la Croisette, en dépit de son indéniable ambition, il offre à l'actrice iranienne Golshiftheh Farhahani le rôle le plus intense de sa carrière. Et fait d’elle une solide candidate au prix d’interprétation.

Avec "Les Filles du Soleil", Eva Husson était attendue au tournant. Parce qu’elle est l’une des trois femmes en lice pour la Palme d’or, dans une édition du Festival de Cannes pas tout à fait comme les autres. Mais aussi parce qu’après avoir fait sensation en 2015 avec son premier film, la chronique adolescente "Bang Gang", elle change d’univers en s’emparant d’un genre, le film de guerre, longtemps réservé aux hommes avant le triomphe aux Oscars du "Démineurs" de Kathryn Bigelow. C’était il y a déjà dix ans et peu s’y sont essayées depuis.


Kurdistan, 2013. Les filles du soleil, c’est le nom d’un commando féminin auquel Mathilde (Emmanuelle Bercot), une journaliste française brisée par un drame intime, a choisi de consacrer son prochain reportage. A leur tête, il y a Bahar (Golshifteh Farahani), bien décidée à reprendre sa ville et à se venger des hommes qui ont fait d’elle une esclave sexuelle et kidnappé son fils. Par-delà le chaos qui les entourent, elles vont peu à peu s’apprivoiser. Et partager leurs douleurs.

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Cannes 2018 : la montée des marches des femmes pour "Les Filles du Soleil"

 Au cinquième jour de la compétition cannoise, cette production ambitieuse, en dépit de son petit budget, a été chaleureusement applaudie en projection officielle. Mais elle a provoqué des réactions beaucoup plus contrastées parmi les journalistes. Peut-être parce qu’elle a choisi d’adopter un ton hybride, alternant scènes d’action suffocantes et séquences mélodramatiques retraçant les atrocités qu’a enduré Bahar. Nous, on aime, même si l’aller-retour entre passé et présent a, il est vrai, un peu tendance à casser le rythme de l’intrigue.


Mais c’est sans compter sur la performance magnétique de Golshiftheh Farahani, trait d’union entre les différentes époques du récit. L'actrice iranienne compose son personnage de combattante avec une intensité de tous les instants, quitte à éclipser ses partenaires, Emmanuelle Bercot la première, plus en retenue qu'à l'accoutumée. Quelque chose nous dit que cette artiste engagée, qui vit en exil depuis la fin des années 2000, pourrait bien être la star de la cérémonie de clôture, samedi prochain.

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