Cannes 2018 : "Plaire, aimer et courir vite" n’est pas "120 battements par minute"… et c’est très bien comme ça

FESTIVAL DE CANNES
ON AIME - Présenté à Cannes et sorti dans toute la France ce jeudi, "Plaire, aimer et courir vite" raconte la brève histoire d’un amour entre un écrivain parisien atteint du Sida et un étudiant rennais qui rêve de devenir cinéaste. Si l’ombre de "120 battements par minute" plane au-dessus du film de Christophe Honoré, ce dernier trouve sa voix entre mélancolie et badinage amoureux.

Il y a un an, la Croisette découvrait "120 battements par minute", un film de combat qui racontait les années Sida avec une émotion brute qui a provoqué bien des larmes dans les rangées du Palais des Festivals, le réalisateur Robin Campillo repartait avec le Grand Prix du jury avant de séduire plus de 800 000 spectateurs dans les salles françaises, et de récolter une moisson de César, en février dernier. Tout en délivrant un message politique face aux discriminations dont la communauté homosexuelle fait toujours l’objet partout dans le monde.

 

Difficile de ne pas penser à l’un des coups de cœurs de l’édition 2017 du Festival de Cannes en découvrant cette année "Plaire, aimer et courir vite", le nouveau long-métrage de Christophe Honoré qui sort dans toute la France en même temps que sa présentation sur la Croisette. Encore plus lorsque Arthur, interprété par un épatant Vincent Lacoste, annonce en arrivant à Paris qu’il compte assister à une réunion de l’association Act-Up. S’il partage une thématique et une époque, le cousinage avec le film de Campillo s’arrête là.

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Cannes 2018 : la montée des marches de "Plaire, aimer et courir vite"

"Plaire, aimer et courir vite" est le 11e long-métrage de Christophe Honoré, le premier en compétition depuis "Les Chansons d’amour" en 2007. L’un de ceux où il se livre sans doute le plus à travers des personnages inspirés de son histoire personnelle. Jacques interpelle par son mélange de gravité et d’insouciance – d’inconscience diront certains. Arthur par sa candeur et sa bonne humeur irrépressible. Leur histoire est tragique. Mais le cinéaste lui donne la forme d’un badinage amoureux, prétexte à des dialogues savoureux, même s’ils sonnent parfois trop écrits.

 

A l’urgence contestataire de son confrère Robin Campillo, Christophe Honoré préfère la douce mélancolie – et l’humour aussi - pour raconter le drame qui se noue sous nos yeux. On est en revanche moins convaincu par sa peinture de l’homoparentalité, un sujet trop rapidement survolé. Pierre Deladonchamps - révélé dans L'inconnu du lac - et par ailleurs excellent, peine à créer une véritable alchimie avec le jeune Tristan Farge qui interprète son fils Louis. Un comble de la part du cinéaste qui y a consacré un roman, "Ton Père" paru l’an dernier. Peut-être le sujet d’un prochain film ? 

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