Charlize Theron : "Je revendique le droit d'être à la fois une super mère et une super pute !"

Festival de Cannes

RENCONTRE – Attention superstar. Dans “Mad Max: Fury Road”, la Sud-Africaine Charlize Theron brûle la pellicule dans la peau de la sulfureuse impératrice Furiosa. “Metronews” l’a rencontrée ce mercredi, à la veille de la présentation du film de George Miller, hors compétition, lors du 68e Festival de Cannes.

C’est face à la mer, dans les jardins privés d'un palace sur les hauteurs d'Antibes, repaire des stars en séjour sur la Croisette, que Charlize Theron, pantalon de cuir et talons hauts, vient à notre rencontre pour parler de Mad Max: Fury Road, réinvention rugissante de la trilogie post-apocalyptique de George Miller. Si le comédien britannique Tom Hardy succède avec conviction au légendaire Mel Gibson, il faut bien avouer que la star sud-africaine lui vole la vedette. Son rôle ? Celui de l’impératrice Furiosa, une amazone chauve et manchote qui se rebelle contre Immortan Joe, le monstrueux leadeur d’une secte où les femmes sont réduites à l’état de simples procréatrices, destinées à engendrer une nouvelle race de super-guerriers.

“C’est formidable que le public réagisse avec autant d’enthousiasme à un personnage féminin dans un film de ce genre”, savoure la comédienne, qui avoue avoir elle-même été surprise de la place qu’occupe Furiosa à l’écran. “Je me rappelle que, lorsque George Miller m’a montré le story board, je m’attendais à découvrir une réinvention super-cool de l’univers de Mad Max. Je savais qu’il y aurait un personnage féminin important, mais quand j’ai commencé à tourner les pages, je l’ai trouvée géniale. Ça m’a fait un choc. Parce que c’est elle qui conduit l’intrigue d’un point de vue émotionnel. Je crois que c’est ce qui surprend les spectateurs aussi. Ils s’attendent à ce que Max soit le leader. Mais, en réalité, c’est cette femme qui bouleverse toute l’histoire en donnant un coup de volant !”

“Impossible de faire ce film avec une queue de cheval”

Pour l’anecdote c’est sur le tournage, dans le désert de Namibie, que Charlize Theron a elle-même suggéré de se raser le crâne pour entrer dans la peau du personnage. “Plus j’ai pris conscience de l’univers dans lequel j’allais évoluer, moins l’idée m’a paru saugrenue, se souvient-elle. Ce qui aurait été bizarre, c’est de garder mes cheveux ! [Rire.] Je ne me voyais pas entrer autrement dans cet univers underground, hypermécanique, avec tous ces mecs autour de moi. Ça me semblait impossible avec une queue de cheval [sourire]. Un jour, j’ai appelé George et je lui ai proposé de me couper les cheveux. Et il a dit O.K. ! Trois heures après, j’étais chauve.”

Ce relooking radical n’a rien de surprenant de la part d’une comédienne qui n’avait pas hésité à prendre plus de 13 kilos pour incarner une tueuse en série dans le terrifiant Monster, le rôle qui lui a valu l’Oscar en 2004. A bientôt 40 ans, celle qui partage désormais la vie de Sean Penn prend un malin plaisir à jouer avec son image. Princesse Dior un jour, héroïne de films d’action le lendemain, pourquoi choisir ? "C’est souvent le problème de la représentation des femmes au cinéma. Ce que j’appelle le complexe de la Madone salope. Soit on est une super mère, soit on est une super pute", dit celle qui a adopté Jackson, un petit garçon sud-africain, quelques mois avant le tournage du film, en 2012. "Eh bien, moi, je revendique le droit d’être à la fois une super mère et une super pute ! [Rire.]"

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