"Cold War" : c’est la grande histoire d’amour que Cannes 2018 attendait

ON ADORE – Le metteur en scène polonais Pawel Pawlikowski nous a coupé le souffle – et brisé le cœur – avec "Cold War", romance tragique dans la Pologne d’après-guerre. Un solide candidat à la Palme d’or qui révèle deux sublimes comédiens, Tomasz Kot et Joanna Kulig.

Attention au coup de foudre ! Dans son nouveau film en compétition à Cannes, le réalisateur Pawel Pawlikowski met en scène la rencontre entre Wiktor, un musicien, et Zula, une jeune femme qu’il découvre lors d’une audition de talents anonymes dans la campagne polonaise, à la fin des années 1940. Avec elle, il va connaître le succès en dirigeant une chorale qui s’attire les faveurs du régime. Mais lorsque cet esprit libre décide de fuir son pays pour s’installer à Paris, sa belle reste derrière lui…

 

C’est en noir et blanc, et au format 4/3, un parti pris esthétique qui lui a valu le succès de l’Oscarisé "Ida", que le cinéaste a choisi de tourner cette romance impossible, librement inspirée de l’histoire de ses parents. D’un point de vue formel, c’est une pure merveille, le resserrement de l’image permettant d’isoler les personnages comme si le monde autour d’eux n’existait pas. Une sensation renforcée par une bande originale envoûtante qui alterne chants traditionnels, musique classique et jazz, épousant la trajectoire des personnages, tiraillés entre leurs désirs et leurs convictions.

Mieux que des stars : un couple de légende

"Cold War" est aussi un modèle d’écriture, le récit avançant à coup d’ellipses sur une vingtaine d’années, laissant à l’imagination du spectateur le soin de recoller les morceaux. Comme Wiktor et Zula lors de chacune de leurs retrouvailles. Grâce à ce procédé aussi habile que poétique, Pawel Pawlikowski croque l’évolution d’une passion dévorante où les non-dits racontent davantage que bien des dialogues. Mais ce superbe dispositif tournerait à vide sans ses deux comédiens d’une folle beauté.

 

Tomasz Jot est Wiktor, grand benêt malade d’amour, dandy dépressif un rien burlesque qu’on ne peut s’empêcher d’aimer malgré ses erreurs. Joanna Kulig est Zula, tour à tour femme enfant, muse effrontée et diva triste. Une Gena Rowlands slave guidée par ses sentiments dans une époque cadenassée de toutes parts. Dans un Festival où les esprits chagrins pointent l’absence de stars sur le tapis rouge, "Cold War" leur offre encore mieux : un couple qui va entrer dans la légende.


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