En mai dernier, Marilyn Burns hurlait encore sur la Croisette avec "Massacre à la tronçonneuse"

Festival de Cannes

EMOTION - Jeudi soir, à la Quinzaine des Réalisateurs, de nombreux cinéphiles étaient réunis pour célébrer le 40ème anniversaire de "Massacre à la tronçonneuse". Présent pour l'événement, son réalisateur Tobe Hooper n'a pas pu empêcher ses larmes de couler.

Il existe des instants qui marquent au fer rouge le parcours d’un cinéphile. Jeudi soir, les festivaliers qui ont assisté à la projection événement de Massacre à la tronçonneuse ne diront certainement pas le contraire. Le chef-d’œuvre en question a été diffusé à la Quinzaine des Réalisateurs , en présence de son réalisateur Tobe Hooper. L’occasion de souffler les 40 bougies – déjà ! – de ce classique intemporel, qui a subi au passage un formidable lifting. En effet, le public a pu le (re)découvrir dans une version restaurée 4K, supervisée par son créateur him, qui débarquera en salles le 29 octobre et en DVD/Blu Ray le 5 novembre.

Emotion et peur

Rembobinons et faisons les choses dans l’ordre. La soirée a d’abord commencé avec l’arrivée sur scène du danois Nicolas Winding Refn, réalisateur de Drive et membre du jury de cette 67ème édition du Festival de Cannes. Après avoir demandé aux spectateurs de hurler le titre en anglais – "Texas Chainsaw Massacre !" –, l’intéressé a déclaré : "C’est grâce à ce film que j’ai eu envie de faire du cinéma. Je l’ai découvert à l’âge de 14 ans et ce qu’il m’a fait, j’ai voulu le faire aux autres." Galvanisé par la ferveur du public, Refn a poursuivi ses louanges : "La malédiction de Massacre à la tronçonneuse, c’est d’être un chef-d’œuvre. Il méritait la palme il y a 40 ans déjà."

Et pour honorer comme il se devait l’entrée triomphale de Tobe Hooper, les spectateurs ont fait une incroyable et émouvante standing ovation. Pendant près de cinq minutes, les mains ont claqué vigoureusement sous les yeux rougis du maestro. Des applaudissements en protestation contre tous les prix qu’il n’a jamais eus. Des applaudissements de respect. Des applaudissements d’amour. "Je crois que je vais pleurer", a-t-il réussi à articuler, des trémolos plein la voix, avant de répéter : "I love you" et "Thank you".

Pendant la projection, plusieurs cris ont été poussés, preuve que le potentiel horrifique de cette pépite n’a pas pris une ride. On a également entendu les gens rire (souvent aux éclats) et taper des mains dès l’apparition de Leatherface, le tueur sadique et un peu débile qui élimine férocement ses victimes. Une fois les lumières rallumées, la salle de cinéma ressemblait à un stade de football un soir de victoire. La liesse était si intense que Tobe Hooper en a versé plusieurs larmes, contaminant Nicolas Winding Refn et bien d’autres cinéphiles. Inoubliable comme le bruit d’une tronçonneuse, un soir, au milieu d’un champ texan.
 

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