"Everybody Knows" : un Farahdi bouchonné pour ouvrir la compétition à Cannes

DÉCEPTION – Avec "Everybody Knows", film d’ouverture du 71e Festival de Cannes, le réalisateur iranien Asghar Farahdi met en scène un drame familial pataud, à peine sauvé par son couple de vedettes, Javier Bardem et Penelope Cruz.

Lors des premières minutes de "Everybody Knows", le vigneron interprété par Javier Bardem explique à une classe de collégiens ce qui sépare un bol de raisin d’une bouteille de vin. "Le temps !", annonce-t-il fièrement, comme s’il venait de livrer les clés du mystère de la création. Cette punchline donne le ton d’un thriller psychologique où le spectateur a sans cesse un temps d’avance sur ses protagonistes. Un comble lorsqu’on veut entretenir un minimum de suspense. Et surtout lorsqu’on trouve derrière la caméra un auteur comme Asghar Farhadi, spécialiste des drames subtils, deux fois Oscarisé pour "Une Séparation" et "Le Client", et par ailleurs prix du scénario pour son auteur sur la Croisette il y a deux ans.


C’est dans la campagne espagnole que le cinéaste iranien a situé son nouveau film, qui a ouvert la compétition officielle du 71e Festival de Cannes mardi soir. Installée à Buenos Aires, Laura (Penelope Cruz) rentre dans son village natal avec ses deux enfants pour assister au mariage de sa sœur. Sur place, elle recroise la route de Paco (Javier Bardem), son amour de jeunesse auquel elle a vendu, quelques années plus tôt, les terrains familiaux. Les retrouvailles vont bientôt se convertir en cauchemar lorsque Irène, sa fille aînée, disparaît au soir de la noce. Un drame qui va rouvrir de vieilles blessures... et lever le voile sur un "teeeeerrible" secret.

Tourner à l’étranger, dans une langue qui n’est pas la sienne, n’est pas toujours chose aisée pour un cinéaste, aussi talentueux soit-il. Asghar Farahdi s’y était essayé avec un certain sur succès avec "Le Passé", filmé à Paris avec Bérénice Bejo et Tahar Rahim, en 2013. On ne peut, hélas, pas en dire autant de ce "Everybody Knows" bien fade qui s’embourbe au fil des minutes dans une intrigue digne d’une banale telenovela… le rythme en moins. Devant la caméra, le couple Bardem-Cruz fait ce qu’il peut pour sauver les meubles, secondé par la superstar argentine Ricardo Darin, curieusement sous-employé dans le rôle du mari absent. Dommage.

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