"Flag Day", la critique express : Sean Penn signe un mélo familial touchant mais trop convenu

"Flag Day", la critique express : Sean Penn signe un mélo familial touchant mais trop convenu

ON HÉSITE – À travers l’histoire vraie d’un escroc et de sa fille qui l’adore, Sean Penn signe sans doute l’un de ses films les plus personnels. Si l’alchimie avec sa fille Dylan est évidente, "Flag Day" est plombé par ses choix esthétiques discutables. Dommage.

C’est l’histoire d’un amour déçu. Celui d’une fille pour un père absent qu’elle idéalisait, enfant, avant de découvrir ses vices et ses failles en entrant dans l’âge adulte. Avec Flag Day, Sean Penn signe l’adaptation d’un livre de la journaliste américaine Jennifer Vogel, fille d’un mythomane et escroc notoire qui a défrayé la chronique outre-Atlantique dans les années 1990. Raconté par la jeune femme à la première personne, ce drame marque le grand retour sur la Croisette de son auteur, après l’accueil catastrophique en 2016 de The Last Face, une romance grossière sur fond d’humanitaire qui succédait elle-même au cultissime Into The Wild. Comme quoi… 

La belle idée du cinéaste consiste ici à avoir engagé sa propre aînée, Dylan, issue de son mariage avec Robin Wright Penn, pour ce qui marque son premier grand rôle à l’écran. L’alchimie entre père et fille est palpable à l’écran, même si le premier en fait des caisses, au risque de friser la caricature. Reste que le spectateur ne pourra s’empêcher de se demander dans quelle mesure, à travers la fiction, l’ex-enfant terrible du cinéma américain ne dresse pas une forme d’autoportrait, voire de mea culpa sur sa propre vie personnelle. C’est aussi touchant qu’universel, mais ça ne gomme pas tous les défauts du film.

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Sur la forme, Flag Day use et abuse des filtres vintage, des flous artistiques, des gros plans sur les visages et les champs de blé – et des perruques  aussi - tandis que le scénario, un long flashback de 2 heures, avance sans surprise au rythme des confessions de son héroïne en voix-off. Ce procédé convenu tient le spectateur trop à distance de l’évolution psychologique de son héroïne, qu’on aimerait côtoyer dans les petits moments de la vie plutôt que dans un état de crise existentielle permanente qui finit par agacer.

De même si l’émotion affleure lors des têtes à tête parfois tendus entre père et fille, elle est trop souvent camouflée par la musique, une béquille inutile même s’il est toujours agréable d’écouter Eddie Vedder, auteur de plusieurs chansons originales pour la B.O, crooner dans les enceintes géantes d’une salle de cinéma. Ni raté, ni chef d’œuvre, Flag Day a peu de chances de figurer au palmarès de ce 74e Festival de Cannes. À moins d’une immense surprise…

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