Hilary Swank, dans "The Homesman" : il était une femme dans l’Ouest

FESTIVAL DE CANNES
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RENCONTRE - La comédienne, rare sur les écrans, fait un come-back remarquable dans "The Homesman", western de Tommy Lee Jones sorti en salles ce dimanche. Et en lice pour la Palme d'Or sur la Croisette.

A J+5, c’est sans conteste le meilleur film de la compétition cannoise. Et le candidat le plus sérieux aux prix d’interprétation féminine. Dirigée par Tommy Lee Jones, Hilary Swank bouffe littéralement l’écran dans The Homesman, western romanesque et sans fioritures.  La mâchoire serrée et la garde-robe austère, la comédienne aux deux Oscars (Boys don’t cry et Million dollar baby) incarne une trentenaire célibataire qui, avec l’aide d’un vieux cowboy grincheux, escorte un trio de femmes cinglées dans l’Ouest américain de 1854.

"Mary Bee, mon personnage, est à la fois très vertueuse mais aussi ferme, courageuse et intègre", explique l’actrice à metronews. "Et sous sa carapace de femme intransigeante, elle cache une profonde vulnérabilité qui la rend bien plus complexe qu’il n’y paraît." En effet : s’affranchissant des codes du western classique qui réduit souvent la femme de l’Ouest à une damoiselle en détresse, Tommy Lee Jones signe un film féministe, centré sur la condition précaire du sexe faible dans le far West. 

"Je fuis les médias quand je n’ai rien à défendre"

"C’est aussi un grand film humaniste sur la solidarité et l’entraide dans une société où le chacun pour soi dominait", poursuit la comédienne qui considère sa collaboration avec Tommy Lee Jones comme l’une des plus enrichissantes de sa carrière. "Tommy Lee ne parle pas pour ne rien dire : il va à l’essentiel et sait exactement ce qu’il veut. C’est un artiste brillant, intègre et très franc. J’ai retrouvé chez lui ce que j’avais aimé chez Clint Eastwood".

Depuis Million Dollar Baby en 2004, Hilary Swank n’avait d’ailleurs pas retrouvé de rôle à la mesure de son talent, enchaînant les productions insipides, passées quasi inaperçues. "Comme je fuis les médias quand je n’ai rien à défendre et que mes derniers films n’ont pas fait de carton au box-office, les gens croient que je ne travaille pas, lâche-t-elle.

"Or j’ai tourné trois films ces dix derniers mois mais je ne choisis pas mes rôles pour leur succès potentiel mais parce que le réalisateur ou le sujet m’intéressent." The Homesman, qui sort parallèlement en salles en Fr, devrait cependant la remettre sous le feu des projecteurs. Si le prix d’interprétation cannois venait à lui échapper, une nomination aux Oscars semble d’ailleurs plus que probable.

 

 

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