"Julieta" oublié du palmarès ? Pedro Almodovar est maudit !

"Julieta" oublié du palmarès ? Pedro Almodovar est maudit !

COUP DE GUEULE – Et de trois ! Après "Etreintes Brisées" en 2009 et "La piel que habito" en 2011, Pedro Almodóvar est reparti bredouille de la compétition cannoise une troisième fois d’affilée. Pourtant, son magnifique Julieta, actuellement en salles, méritait sinon la Palme d’or, du moins une récompense majeure. Itinéraire d’un perdant magnifique.

Mais qu’a-t-il bien pu se passer dans la tête de George Miller ? Le cinéaste australien, président du jury du 69ème Festival de Cannes, a en effet pris soin de congédier de son palmarès, ô malheur, le sublime Julieta de Pedro Almodóvar. Une impasse d’autant plus déplorable que l’oeuvre en question, relatant le parcours d’une mère à la recherche de sa fille, surclassait la majorité de ses concurrents à la Palme d’or 2016.

Le cinéaste espagnol, porté par des critiques solides, figurait d’ailleurs parmi les favoris dans la course à ce Graal cinématographique qui lui a échappé plus d’une fois.
Flash-back. En 1999, son drame Tout sur ma mère échoue déjà face au raz-de-marée Rosetta des frères Dardenne, largement plébiscité par David Cronenberg et ses jurés.

Jamais deux sans trois

La maestro se console néanmoins avec le prix de la mise en scène et fait par la suite main basse sur une vague de prix parmi lesquels les Oscar, BAFTA et César du meilleur film étranger. De quoi atténuer la déception ! Après avoir présenté sur la Croisette La mauvaise éducation hors compétition, il revient, ragaillardi, à la conquête de la Palme en 2006 avec Volver.

On aurait pu croire que le hongkongais Wong Kar-Wai, alors président du jury, succombe à cette oeuvre poétique, fascinante et étrange. Pas de chance, un autre film (historique) à forte portée sociale lui dame à nouveau le pion : Le vent se lève de Ken Loach (déjà). Forcément déçu, Almodóvar ne rentre pas non plus sans lauriers puisqu’il se voit remettre le prix du scénario. Ses actrices, Penélope Cruz en tête, reçoivent pour leur part un prix d’interprétation féminine collectif. C’est après que ça se gâte.

En effet, ni Etreintes Brisées en 2009 ni La piel que habito en 2011 ne tireront leur épingle du jeu. Le premier, malgré une maestria évidente et un accueil critique favorable, ne touche pas assez. Manque d’originalité ? Redites ?… Mystère. Le second, proposition plus radicale et moins almodovarienne, trébuche au terme de l’un des meilleurs crus de ces dernières années avec Drive, Melancholia, The Artist ou Tree of Life. En ramenant Julieta dans ses valises, le madrilène insiste, creuse dans ses thématiques et excelle. Il assèche là son style flamboyant pour offrir un drame brut, fort et douloureux sur la culpabilité et les relations mère-fille.

Merci quand même, Pedro

Alors que les turfistes l’annonçaient en bonne position pour squatter le palmarès, c’est la douche froide. Rien au bout de cette quinzaine. S’il ne fait pas ce métier dans le seul but de triompher à Cannes, l’intéressé doit avoir la mine courroucé dans son avion de retour. D’autant plus que 2016 a été une année faible, sans chef-d’oeuvre majeur de l'acabit de La vie d’Adèle, Mommy ou Amour.

Les jurés respectifs seraient-ils alors lassés du style Almodóvar ? Le metteur en scène est-il victime d’un mauvais karma ? Allez savoir. Une chose est certaine : il reste un artiste majeur. Et si Miller et sa bande n’y comprennent rien, nous lui offrons une Palme du coeur.

A LIRE AUSSI >> Notre critique de Julieta, de Pedro Almodovar

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