L'exaltant "Whiplash" devient la coqueluche des festivaliers

Festival de Cannes

CRITIQUE - Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, "Whiplash" de Damien Chazelle a enchanté les festivaliers cannois. Ils ont réservé un accueil incroyable à ce récit touchant qui relate la relation conflictuelle entre un jeune batteur et son professeur de musique.

Dix longues et belles minutes de liesse. Mardi soir, à la Quinzaine des Réalisateurs, le public a littéralement fait exploser l’applaudimètre pour célébrer Whiplash, le premier long métrage de l’américain Damien Chazelle . Emu, ce dernier a serré dans ses bras J. K. Simmons, un de ses interprètes principaux, tout en regardant le public, hébété et heureux. Après s’être imposé dans l’Utah et à Sundance, où il a reçu le prestigieux Grand Prix, ce drame gorgé d’humour est bel et bien devenu la nouvelle coqueluche des festivaliers de la Croisette. Et c’est mérité !

Duel au sommet

Futur solide candidat aux Oscars, Whiplash dresse le portrait très attachant d’Andrew, un jeune homme de 19 ans nourrissant le désir de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz des Etats-Unis. Son temps libre, il le consacre à écouter de la musique et à analyser des partitions. Un jour, il tape dans l’œil de Terence Fletcher, un professeur prestigieux qui enseigne au conservatoire de Manhattan. Fasciné par le talent en herbe, l’homme lui propose de rejoindre son groupe pour le meilleur… mais surtout pour le pire.

Terence est en effet à la musique ce que le Dr House est à la médecine ; en plus cinglant et décapant. Dans la peau de ce méchant qu’on adore détester, J. K. Simmons étincelle de charisme et d’inspiration. Que dire de Miles Teller ? Propulsé au rang de valeur sûre hollywoodienne depuis le succès de The Spectacular Now, l’acteur joue aussi bien de la batterie que la comédie. A l’aise dans le registre du rire comme de l’émotion, son talent est une véritable bénédiction que le cinéaste Damien Chazelle célèbre en rythme.

Tantôt dramatique, tantôt hilarant, ce Rocky de la batterie se révèle avant tout enthousiasmant. En creux, son réalisateur scrute avec acuité les mécanismes implacables de la passion artistique. Celle qui nourrit autant qu’elle détruit. Par ailleurs, si les zygomatiques marchent à plein régime, ils ne masquent pas pour autant les fêlures des personnages, deux êtres seuls, cabossés, qui ont besoin de s’aimer, se toiser, se craindre et se détester pour mieux exister. Bien plus qu’un simple feel good movie comme Sundance en sert à la pelle, Whiplash est un excellent film en forme de déclaration d’amour à la musique. Coup de coeur !
 

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