Loin de "Star Wars", Adam Driver s'offre une pause poétique chez Jarmusch avec "Paterson"

Festival de Cannes

NOUVELLE STAR - Partisans de l’Alliance Rebelle, prenez garde : Kylo Ren est sur la Croisette. L’acteur américain Adam Driver, qui incarne le méchant de la nouvelle saga "Star Wars", est à Cannes pour défendre "Paterson", le nouveau film de Jim Jarmusch. En conférence de presse, il s’est montré aussi taciturne que son personnage, un chauffeur de bus féru de poésie…

C’est l’un des visages les plus singuliers de la nouvelle génération d’acteurs américains. L’un des plus intenses, aussi, sans qu’il ait besoin d’en faire des tonnes. Adam Driver semble être né pour jouer dans un film de Jim Jarmusch lorsqu’on découvre la nouvelle réalisation de l’auteur américain de Dead Man, Ghost Dog, et autre Broken Flowers, Grand prix du jury sur la Croisette en 2005.

Dans Paterson, en lice cette année pour la Palme d’or, le boyfriend de Lena Dunham dans la série Girls incarne… Paterson, un chauffeur de bus qui vit dans la petite bourgade de Paterson, New Jersey, avec sa petite amie Laura (l'actrice iranienne Golshifteh Farahani) et leur bulldog anglais Marvin. Son quotidien, banal, répétitif à l’extrême, est sublimé par sa riche vie intérieure puisqu’il compose, de jour comme de nuit, les rimes d’un poème sans fin.

"On n'a pas besoin de tout expliquer au cinéma"

De tous les plans, ou presque, Adam Driver, 32 ans, trouve là un contrepoint idéal à la saga Star Wars, dont il tourne actuellement l’épisode 8, entre la Grande-Bretagne et la Croatie. Car pour ceux qui aurait vécu ces six derniers mois sur la planète Mars, l’acteur incarne Kylo Ren, le grand méchant de la nouvelle trilogie inspirée de l’œuvre de George Lucas. Celui qui a tué… Chut !


"Je n’ai pas cherché à comparer Paterson avec mon personnage dans Star Wars, ou toute autre rôle", précise d’emblée le grand ténébreux, voix grave et regard noir. "Le défi, ici, ce sont les questions que Jim pose sans apporter de réponse. On n’a pas besoin de tout expliquer, c’est au public de comprendre avec sa propre expérience. D’un côté sa vie est très structurée, de l’autre il a un monde intérieur très ouvert."

Dans le film, une référence à son passé militaire

Jim Jarmusch, qui a mine de rien tourné avec les plus grands, de Johnny Depp à Forest Whitaker en passant par Bill Murray et Tilda Swinton, semble sous le charme de son nouveau camarade de jeu. "C’est un acteur hors pair", explique le cinéaste. "J’ai été frappé qu’il comprenne à ce point les deux dimensions du personnage. Il est artiste, il a été à Julliard (l’école d’art de New York – ndlr), il connaît l’armée. Il fait exploser les clichés. Il connaît les deux extrêmes."

Le cinéaste fait référence à l’expérience de son comédien sous les drapeaux. En 2001, après les attentats du 11 septembre, Adam Driver, 18 ans, s’était engagé dans les Marines, avant d’être démobilisé deux ans plus tard pour raisons médicales. Dans le film, une photo du comédien, en uniforme, est posée sur sa table de chevet, un petit bout de vérité intégré par Jarmusch pour nourrir ce personnage de pure fiction. Quid du choix d’engager un type qui s’appelle Driver pour incarner un chauffeur ? "Je l’ai pris rien que pour ça", sourit le cinéaste, malicieux.

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