Mais qui va bien pouvoir décrocher la Palme d’or 2016 ?

Mais qui va bien pouvoir décrocher la Palme d’or 2016 ?

PRONOSTICS – Le jury du 69e Festival de Cannes, présidé par le réalisateur australien George Miller, rendra ce soir son verdict. Comme toujours, les festivaliers sont persuadés de savoir qui va gagner. Et comme toujours, ils vont se tromper. Nous, à metronews, on s’est tout de même essayé à l’exercice…

Le réalisateur de Mad Max a-t-il avalé son chewing-gum, devant la scène de sodomie mortelle dans Rester Vertical ? Vanessa Paradis a-t-elle apprécié les talents de chanteuse pop de Sandra Huller dans Toni Erdmann ? Mads Mikkelsen va-t-il militer en faveur de son copain Nicolas Winding Refn et de son Neon Demon fluo ? Toutes ces questions, et bien d’autres, les festivaliers cannois se les sont posées au fil des projections des 21 films en compétition cette année à Cannes. Et bien sûr, comme souvent, le jury risque bien de surprendre tout le monde en décernant les sept prix à sa disposition…

La Palme au réalisme austère ?
Dans l’ensemble, la sélection 2016 a une saveur amère, voire sinistre, de nombreux cinéastes auscultant le chaos du monde qui les entoure à travers les drames intimes de ses personnages. C’est le cas des Roumains Cristi Puiu et Christian Mungiu avec Sieranevada et Baccalauréat ; des inusables frères Dardenne avec La Fille Inconnue ; de l'éternel révolté Ken Loach avec Moi, Daniel Blake ou encore du Philippin Brillante Mendoza avec Ma’Rosa. Donner la Palme à l’un de ces cinéastes serait, sinon consensuel, assez prévisible.

A moins que le jury ait envie de surprendre…
Si les festivaliers font grise mine, à l’évocation des 21 films en compétition cette année, on s’aperçoit que certains films divisent radicalement. C’est peut-être aussi le cas au sein du jury où un "clan" pourrait convaincre les récalcitrants d’élire une Palme clivante. Et de primer, par exemple, la comédie rurale d’Alain Guiraudie, Rester Vertical, le bonbon hypnotique de Nicolas Winding Refn, The Neon Demon, voire le paisible poème pop de Jim Jarmusch, Paterson et son bouledogue anglais plus expressif que bien des acteurs cette année à Cannes.

Ceux qui pourraient être (très) déçus
Souvent en compétition, Pedro Almodovar n’a jamais reçu la Palme en dépit d’un prix du jury et du scénario, pas tout à fait à la mesure de ses immenses chefs d’œuvre passés. S’il n’a pas à rougir de Julieta, bien au contraire, son cinéma ne surprend plus vraiment. Xavier Dolan, lui, misait beaucoup sur Juste la fin du monde, deux ans après le triomphe de Mommy, seulement récompensé par le prix du jury. S’il affirme qu’il s’agit de son "meilleur film", sa mise en scène (un brin) outrancière n’est pas nécessairement au niveau de ses magnifiques acteurs. Andrea Arnold, elle, a beau avoir tatoué une Palme sur l'épaule de son héroïne, son American Honey assourdissant, mais creux, n'est pas à la hauteur de ses ambitions.

Et les comédiens, alors ?
La star brésilienne Sonia Braga part archi-favorite chez les filles pour son rôle de sexagénaire rebelle dans Aquarius, de son compatriote Kleber Mendonça Filho. Isabelle Huppert, abonnée à vie du Festival de Cannes, est une concurrente crédible, irrésistible en glaçon pervers dans Elle, de Paul Verhoeven. Mais la sublime Ruth Negga, épouse métisse dans l’Amérique raciste des fifties de Loving, le dernier Jeff Nichols, est une vraie révélation. Chez les garçons, c’est plus compliqué. Ou pas. L’humoriste Daniel Johns part avec une longueur d’avance pour son rôle de victime des services sociaux britanniques dans Moi, Daniel Blake, de Ken Loach. Mais le placide Adam Driver, qui véhicule rien que par le regard toute la poésie de Paterson, est un concurrent sérieux. 

Toni Erdmann, pour mettre tout le monde d’accord ?
C’était la réalisatrice la moins connue de la sélection, sur le papier. L’Allemande Maren Ade, a surpris – et ému - avec Toni Erdmann, comédie dramatique douce-amère qui ausculte avec pudeur et humour les relations entre un père absent et une fille distante. Le film prend son temps – 2h40 tout de même – mais lorsqu’il s’achève, on regrette déjà d’avoir quitté un duo d’acteurs – Peter Simonischek et Sandra Huller – comme on n’en avait pas vu depuis longtemps au cinéma. Si bien qu'un double prix d'interprétation ne serait pas volé... 

Résultat des courses, ce soir en direct du Palais des Festivals. La cérémonie de clôture sera présentée par le comédien Laurent Lafitte, en clair sur Canal + à partir de 19h. Et en direct sur metronews.fr où vous retrouverez le palmarès en intégralité, ainsi que les réactions des principaux gagnants.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

VIDÉO - Allemagne : les restrictions drastiques imposées aux non-vaccinés divisent

EN DIRECT - Dose de rappel : plus de 8 millions de Français vaccinés

Congrès LR pour la présidentielle 2022 : Éric Ciotti et Valérie Pécresse exposent leurs différences sur LCI

Pourquoi Emmanuel Macron se rend-il aux Émirats, au Qatar et en Arabie saoudite ?

Covid-19 : l'Allemagne impose des restrictions drastiques aux non-vaccinés

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.