Marion Cotillard : "Les Dardenne m’ont offert ce que j’ai toujours attendu"

FESTIVAL DE CANNES
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INTERVIEW - Après "De Rouille et d’os", Marion Cotillard revient en compétition cannoise dans "Deux jours, une nuit" de Jean-Pierre et Luc Dardenne. Un film simple, riche et poignant qui sort en salle ce 21 mai et qui pourrait valoir le prix d’interprétation à sa star.

Vous voir chez les Dardenne est inattendu. Racontez-nous votre rencontre avec les frères.
Je les avais croisés grâce à De rouille et d’os qu’ils coproduisaient et j’étais très impressionnée : je les admire tellement. Quand ils m’ont proposé le rôle, je n’en revenais pas : je ne m’étais jamais laissé le droit d’en rêver. Ils n’avaient jusque-là tourné qu’avec une actrice connue, Cécile de France, et malgré son talent, je pensais que le fait qu’elle soit belge y était pour quelque chose.

Qu’avez-vous ressenti à la lecture du scénario ?
J’étais au comble du bonheur : c’est un magnifique film de survie, avec du suspense et un côté très solaire. Solaire au sens propre du terme mais aussi parce qu’il est beaucoup question d’espoir à travers le parcours de cette femme qui se pense faible mais va découvrir sa force et se battre contre sa dépression.

Comment avez-vous travaillé votre petit accent belge ?
C’était une grosse difficulté. Une des premières choses que les Frères m’ont demandé, a été de perdre mon accent parisien que j’avais du mal à détecter. Ensuite, j’ai cherché une musicalité, un phrasé, quelque chose de léger en glanant des choses chez Fabrizio Rongione, les frères ou mes enfants de cinéma.

"Je ne me vois pas comme la fille des magazines"

Ce film vous montre sans fard, sans artifices. C’est appréciable?
Je ne me pose pas la question : je tombe amoureuse d’un personnage ou pas. Je ne me dis pas : "oh lala, il n’y aura pas de maquillage ou de coiffure". Je ne pense pas que beaucoup d’actrices en fassent un critère d’ailleurs. Ou alors ça doit être douloureux à vivre. Et moi, je ne me vois pas comme la fille des magazines.

Deux jours, une nuit marque vos 20 ans de cinéma. Un joli cadeau ?
Je ne pouvais pas rêver mieux. J’ai eu beaucoup de chance jusque-là mais ce film, c’est une de mes plus belles expériences de tournage, voire la plus belle. Les Dardenne m’ont offert ce que j’ai toujours attendu : un échange absolu. Tout était parfait.

Y a-t-il des cinéastes de la compétition que vous rêvez de croiser à Cannes cette année ?
Vous savez, Cannes, c’est un parc d’attractions géant : quand on est dans le roller coaster, on ne peut pas forcément rencontrer celui qui est sur les tapis volants ou dans le bateau pirate. On ne fait pas tous la queue au même jeu !

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