Pour Gérard Depardieu, Welcome to New York "n’est pas un film porno"

FESTIVAL DE CANNES
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REACTION – Hyper attendu, Gérard Depardieu a livré une conférence de presse tardive, samedi soir à Cannes, aux côtés du réalisateur de "Welcome to New York", Abel Ferrara, de la comédienne Jacqueline Bisset et du producteur Vincent Maraval. Morceaux choisis.

C’est un Gérard Depardieu en grande forme qui s’est présenté, samedi un peu avant minuit, devant les journalistes réunis pour la projection de Welcome to New York sur une plage de la Croisette. S’il a fait le film, dit-il, "c’est pour le plaisir de travailler avec Abel Ferrara, Jacques Bisset et Vincent Maraval (le producteur – ndlr) mais aussi le plaisir de tourner sur un sujet qui n’a échappé à personne". Pour lui, l’affaire DSK mêle "le pouvoir, le sexe, l’argent, le matériau d’une tragédie comme les grandes pièces shakespeariennes (…) Il y a une certaine dérive, la luxure, mon personnage est malade de ça. Je plains les gens comme ça."

"J’ai trouvé le film très violent"

L’ancien patron du FMI ? "Je n’ai pas pensé à lui, mais il était là sans arrêt", reconnaît l’acteur, dont les scènes avec Jacqueline Bisset ont été tournées dans le même penthouse où l’accusé a résidé avec son épouse Anne Sinclair. "Ca a du être difficile de survivre à ce qu’ils ont vécu. (…) J’en ai retiré que c’est extrêmement difficile d’être en couple et d’avoir des pulsions." Quid des scènes de sexe, très réalistes ? "J’ai trouvé le film très violent", avoue Depardieu, dont le Devereaux claque des fesses et grogne jusqu'à l'épuisement. "Je ne pensais pas que tout ça pouvait sortir de moi". Attention, précise-t-il, "ce n’est pas du porno du tout. Dans du porno, on voit une grosse bite !", lâche-t-il dans un éclat de rires.

Interrogé sur l’absence du film en sélection officielle, le comédien a laissé entendre que "des demandes" ont été faites à Abel Ferrara. Sous-entendu des coupes que le cinéaste new-yorkais a refusé. Et Depardieu de cite l’exemple de films comme La Grande Bouffe, de Marco Ferreri, qui n’ont pas fait l’unanimité en leur temps. La réaction à venir du couple DSK-Anne Sinclair ? "Ca doit être difficile de réveiller des sentiments", admet le comédien. "Comme dirait Thierry Frémaux (le délégué général du festival – ndlr) au sujet des Grimaldi… Je comprends la famille de Monaco."
 

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