Projeté au festival de Cannes, "Rafiki", le premier film kényan est interdit dans son pays

Projeté au festival de Cannes, "Rafiki", le premier film kényan est interdit dans son pays

CENSURE - Projeté à Cannes en mai, dans la sélection "Un certain regard", le long-métrage "Rafiki" a été censuré au Kenya. Le film de la réalisatrice Wanuri Kahiu raconte l'histoire d'amour entre deux jeunes femmes. Les autorités l'accusent de "légitimer le lesbianisme" dans un pays où l'homosexualité est réprimée par la loi.

Sélectionné sur la Croisette mais interdit dans son pays. Le film kényan "Rafiki", réalisé par Wanuri Kahiu, a été sélectionné dans la catégorie "Un certain regard" du prochain festival de Cannes. Le long-métrage, adapté du roman Jambula Tree de l'Ougandaise Monica Arac de Nyeko, raconte l'histoire d'amour homosexuelle entre deux femmes appartenant à deux clans politiques opposés. Mais ce vendredi 27 avril, le Comité kényan de classification des films (KFCB) en a interdit la distribution et la projection au Kenya, pays où l'homosexualité est punie par la loi avec des peines de prison allant jusqu'à quatorze ans.  

C'est la deuxième fois qu'un film du genre est interdit au Kenya. "Les histoires de nos vies", long-métrage réalisé en 2014 par un collectif d'artistes de Nairobi, racontait les conditions de vie de la communauté LGBT dans ce pays d'Afrique de l'Est. 

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Une morale jugée "contraire à la Constitution"

"Rafiki" ("ami" en kiswahili) a été interdit en raison "de son thème homosexuel et de son but évident de promouvoir le lesbianisme au Kenya, ce qui est illégal et heurte la culture et les valeurs morales du peuple kényan", justifie dans un communiqué le KFCB. Le KFCB a accusé notamment l'équipe du film d'avoir changé le script original, en ajoutant des scènes d'intimité entre les actrices. Le patron de la commission Ezekiel Mutua qui se présente comme "un fervent croisé de la morale", a déjà interdit d'autres films, publicités et autres dessins animés, au prétexte qu'ils promeuvent l'homosexualité. 

La cinéaste Wanuri Kahiu a réagi à cette interdiction sur Twitter. "Nous pensions que les Kényans adultes étaient assez matures et suffisamment capables de faire preuve de discernement pour regarder des productions locales, mais leurs droit ont été déniés", écrit-elle. Auprès de Reuters, elle a rappelé que "les Kényans ont déjà accès à des films avec des thématiques LGBT, sur Netflix, et via les films étrangers qui sortent au Kenya avec l'autorisation du Comité de classification."

L'interdiction intervient dans un contexte tendu autour de la communauté LGBT. Dans un entretien télévisé la semaine dernière, le président Uhuru Kenyatta avait déclaré que l'homosexualité allait à l'encontre de la culture et de la société kényanes, estimant que les droits des gays "n'ont pas grande importance pour le peuple et la république du Kenya".

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