"Relatos Salvajes" : Dámian Szifron, le sauvage qui a secoué la Croisette

FESTIVAL DE CANNES
DirectLCI
SURVOLTE - Présenté en compétition officielle, "Relatos Salvajes" de l'argentin Dámian Szifron a fait souffler un vent de fraîcheur sur la Croisette. Brassant les genres sur un ton décapant, le jeune cinéaste a fait mouche. Et nous livre quelques secrets.

Surtout, ne les emmerdez jamais ! Les Relatos Salvajes de l’argentin Dámian Szifron ne sont pas là pour plaisanter. Mais alors vraiment pas. Si vous les poussez à bout, ils dépasseront allègrement leur propre humanité pour piocher dans la barbarie la plus extrême. "Mes personnages sont pourtant nobles, rassure le jeune cinéaste, confortablement installé au bar du Martinez. L’idée, c’est que nous vivons dans une société qui corrompt les rapports entre les gens. Elle les écrase et les pousse parfois à commettre l’irréparable".

Qu’ils soient père de famille, trentenaire arrogant, jeunes mariés ou cuisinier, ces nouveaux sauvages cèdent systématiquement à leurs pulsions. L’occasion pour Szifron de livrer un film à sketches survitaminé et barré dans lequel il insuffle un humour ravageur. "Depuis que je suis petit, j’ai toujours été fasciné par les histoires brèves, confie-t-il. Je me souviens que j’adorais les nouvelles fantastiques ou policières." Raison pour laquelle il a décidé de découper son troisième long métrage en plusieurs segments. Chacun d’eux est constitué d’un récit original mettant en scène un basculement vers la folie, l’inconscience, la violence.

Produit par Pedro Almodovar

"Les différentes histoires de mon film sont inspirées de souvenirs personnels ou de choses qui sont arrivées à des personnes de mon entourage", explique-t-il. Sélectionné en compétition officielle, Relatos Salvajes en a surpris plus d’un grâce à sa liberté de ton, son insolence et son décalage par rapport aux films très sérieux auxquels le Festival de Cannes nous a habitués. "Je suis très heureux de présenter mon travail dans le plus grand événement cinématographique du monde, poursuit-il. C’est d’autant plus agréable que j’ai voulu ici déclarer mon amour à la fiction. Le cinéma, c’est ma ville d’origine, mes racines."

Produit entre autre par Pedro Almodovar, cette satire sur la société argentine trouvera un écho chez chaque spectateur, où qu’il habite sur le globe. "Je suis heureux d’avoir trouvé une activité professionnelle qui me permet d’exprimer et d’extérioriser mes émotions, explique Szifron. Si j’avais fait autre chose, je crois que je serais peut-être devenu un Relato Salvaje (éclat de rire)." Une chose est sûre pour ce fan de Steven Spielberg, des westerns et du Superman de Richard Donner : il a trouvé la bonne voie. Et il n’est qu’au début d’un joli chemin.
 

Lire et commenter