"The Neon Demon" : un splendide conte macabre qui dézingue les obsédés de la beauté

Festival de Cannes

ON ADORE – Après une enfilade de drames austères, le 69e Festival de cannes s’est offert une merveilleuse parenthèse pop avec "The Neon Demon", le nouveau film du cinéaste danois Nicolas Winding Refn. Ou comment une blonde ingénue part à la conquête du monde de la mode en Californie. Drôle, sensuel, captivant… A croquer !

Passons, d’emblée, sur les sifflets qui ont suivi la projection presse de The Neon Demon, nouvelle entrée de Nicolas Winding Refn à Cannes. Le cinéaste danois opère tellement à rebours des canons du cinéma "cannois" qu’il ne pourra JAMAIS faire l’unanimité. Et c’est aussi pour ça qu’on l’aime encore plus.

Ici il met en scène Jesse, une blonde au regard de biche incarnée par Elle Fanning. La séquence d’ouverture nous la montre étendue sur un canapé chic, la gorge tranchée, les yeux dans le vide. Elle pose en réalité pour son "book", bien décidée à conquérir l’univers impitoyable de la mode made in L.A.

Une esthétique flamboyante qui captive d'emblée

Lors de cette séance, dirigée par un apprenti photographe énamouré, elle fait la connaissance de Ruby (Jena Malone), une maquilleuse qui lui présente ses deux grandes copines, Sarah et Gigi, aussi hautaines qu’elles sont refaites. Dans les toilettes d’un club branché, un mélange de fascination et de rivalité s’installe d’emblée…

Si The Neon Demon nous a séduits, contrairement à une partie de nos confrères, c’est d’abord par son esthétique flamboyante, certains diront kitsch. Chez NWR, plus que jamais, chaque plan, chaque détail visuel et sonore – splendide B.O. de Cliff Martinez – captive de la première à la dernière seconde avec une générosité rare dans un festival où filmer de dos des gens en gros pull et cheveux gras est devenu le nec plus ultra.

Une satire savoureuse... du Festival de Cannes

Ce souci étourdissant de la forme serait vain s’il n’était mis au service d’une histoire simplissime mais férocement drôle. Une satire des diktats de la beauté dans le monde du spectacle illustrée chaque soir… sur le tapis rouge du Festival de Cannes, où les belles plantes aux regards désincarnés se toisent en robes de créateurs.

Pour arriver à ses fin, le cinéaste danois, qui redresse sérieusement la barre après le trop radical Only God Forgives, utilise les codes du film de genre, d’horreur en particulier, avec ici une élégance à peine entachée par un final qui vire au gore chic... mais tellement choc. Après Drive, un deuxième prix de la mise en scène lui tend les bras. Mais pourquoi pas plus ?

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