"Train to Busan" : à minuit, le Festival de Cannes a été assailli par des zombies sud-coréens

"Train to Busan" : à minuit, le Festival de Cannes a été assailli par des zombies sud-coréens
Festival de Cannes

SANGLANT - "Train to Busan", film horrifique sud-coréen de Yeon Sang-ho dont la date de sortie française est encore inconnue, était présenté hors compétition vendredi soir à Cannes. Ce récit d’un train pris d’assaut par de voraces zombies a littéralement galvanisé le public de la séance de minuit, toujours aussi friand de scènes chocs. metronews y était.

Non, à Cannes, il n’y a pas que des films pointus avec des dialogues sibyllins en plan-séquence. Entre les projections de la compétition et les avant-premières riches en stars hollywoodiennes, le festival le plus prestigieux du monde sait, quand il le faut, lâcher une horde de zombies sur sa Croisette. Vendredi soir, à 23h45, la foule s’est en effet précipitée aux abords du Palais pour frémir devant Train to Busan, la réalisation horrifique du sud-coréen Yeon Sang-ho. Et sur le tapis rouges, c’est dire si l’ambiance était bien plus décontractée qu’à l’accoutumée. Le jean et les baskets y tutoyaient les smokings et les chaussures vernies. Le tout : en musique et sans hystérie particulière des photographes.

A l’intérieur de la salle, l’habituel silence de cathédrale qui précède toute oeuvre a laissé place à une ferveur digne de celle dont est coutumier le public de Gérardmer, rompu au cinéma de genre et à ses effluves rougeoyantes. Il y a d’abord eu les hourras nourris à l’arrivée de l’équipe du film, venue en délégation. Puis les applaudissements à chaque apparition d’un nom (de personne ou de société de production) au générique. L’excitation à peine révolue que le public est aussitôt redevenu hilare quand une biche égarée a ressuscité après avoir été renversée par une voiture. Le regard est blanchâtre, les mouvements corporels sont désarticulés : l’infection est belle et bien là. De quoi mettre les sympathisants de la terreur amusante en émoi.

Train à grande vitesse

Spécialiste du film d’animation en Corée du Sud, Yeon Sang-ho a pris soin d’explorer à travers ce divertissement efficacement calibré toute la mythologie liée aux films de zombies. Pour ce faire, il y a enfermé des passagers dans un train en partance pour Busan. A l’extérieur : un monde qui va à vau-l’eau, immense barouf pétaradant où chacun dévore son prochain. A l’intérieur : une accalmie précaire, personne ne se doutant qu’une passagère infectée a échappé à la vigilance des contrôleurs. Avant que la contamination ne se fasse dans une réjouissante horizontalité ferroviaire, le scénario prend le temps d’introduire tous les personnages, dont Seok-woo (excellent Gong Yoo), un père de famille séparé, boursicoteur à la ville, qui doit ramener sa fille auprès de sa femme.

Dans le panel, vous trouverez également un couple attachant composé d’une femme enceinte et de son badass d’époux, des personnes âgées, une sémillante équipe de base-ball, un SDF et tutti quanti… Comme vous l’imaginez, cette grappe sociétale succombera à la vitesse de l’éclair à des morts-vivants sinon férocement débiles du moins effroyablement véloces. Car oui, les énergumènes partagent davantage de points communs avec Usain Bolt côté condition physique qu’avec n’importe quel individu lambda. Leur transformation, assez spectaculaire grâce à des accélérations de caméra et des sons d’os qui s’ajustent ou se brisent, est d’ailleurs une des belles réussites de Train to Busan

Croquer dans le capitalisme

Si elle n’est pas toujours surprenante dans son récit, à quelques trouvailles situationnelles près (que l’on taira), cette réalisation séduit par sa maîtrise formelle. Une technique toujours mise au service du plaisir et non de l’épate. C’est sûrement cette générosité de tous les instants qui a cueilli les spectateurs, jamais avares en applaudissements au moindre morceau de bravoure (mention spéciale à la scène de l’escalator). Résumer ce trip sanglant à une simple parenthèse de fun serait par ailleurs erronée puisque Sang-ho parvient, comme George Romero à l’époque, à insuffler une portée politique à son labeur. Il épingle volontiers les requins individualistes et froids des milieux bancaires -notre héros et le méchant de l’histoire en font partie-, qu’il jette sans bouée de sauvetage dans une mer de zombies qu’ils ont eux-mêmes déchaînée. Un message auquel le public a adhéré, comme le montre cette vidéo d’après projection.  

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