Virginie Efira et Niels Schneider : les secrets de leurs superbes scènes érotiques dans "Sibyl"

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COULISSES - Dans "Sibyl", actuellement en salles, Justine Triet filme de manière explicite la passion sexuelle entre les personnages incarnés par Virginie Efira et Niels Schneider. La réalisatrice française nous confie avoir obtenu "un abandon absolu" de la part de ses deux comédiens, en couple à la ville.

Dans le dernier épisode de son podcast, le célèbre écrivain Bret Easton Ellis déplore la disparition des scènes de sexe dans les films américains, conséquence indirecte du retour du politiquement correct à Hollywood dans l'ère post-Weinstein. Le cinéma français n’a pas (encore) de souci à se faire dans ce domaine,  au vu des films présentés il y a quelques jours lors du 72e Festival de Cannes.

De la déjà célèbre scène du cunnilingus de "Mektoub, My Love : Intermezzo", le dernier film d’Abdellatif Kechiche, aux amours interdites des héroïnes du "Portrait de la jeune fille en feu" de Céline Sciamma, en passant par l’apparition de la sulfureuse Zahia Dehar dans "Une fille facile" de Rebecca Zlotowski, nos cinéastes ont fait monter la température sur la Croisette, chacun et chacune à sa manière.

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Dans "Sibyl", superbe thriller intime en salles depuis vendredi dernier, la psy incarnée par Virginie Efira est hantée par le souvenir de sa relation avec Gabriel, le père de son fils aîné interprété par Niels Schneider. Devant la caméra de Justine Triet, les deux comédiens ont tourné deux scènes érotiques très explicites, belles et intenses, qui éclairent la personnalité tourmentée de l’héroïne. 

"La passion dont Sibyl se souvient devait être palpable par le spectateur", nous a confié à Cannes la réalisatrice. "Souvent, dans un scénario, on écrit ‘ils s’embrassent et ils font l’amour’, et puis on se retrouve à se demander ce qu’on va réellement pouvoir filmer. Ça a été fait un milliard de fois, c’est une espèce d’écueil dans les films. Avec Virginie, on s’est beaucoup parlé avant. Elle me disait ’Mais qu’est-ce que tu veux voir ? Qu’est-ce que tu veux que je fasse ?’."

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Justine Triet explique que ces discussions en amont ont permis de "désacraliser" ces séquences qu’elle a abordées "de façon presque mécanique" une fois en plateau. "Il y a eu un abandon absolu de la part de Virginie et Niels sur ces scènes qui m’a totalement servi", raconte-t-elle. "J’ai senti qu’il n’y avait pas de stress, d’angoisse, parce qu’il y avait une confiance dans mon regard, dans la façon dont j’allais monter ça ensuite."

Dans le film, la réalité et la fiction se mélangent, Sibyl se retrouvant mêlée à l’histoire d’amour entre deux comédiens qui se déchirent hors plateau. Tout l’inverse de Virginie Efira et Niels Schneider qui, après s’être rencontrés en 2017 sur le tournage d’"Un amour impossible", n’hésitent plus à afficher leur bonheur, comme ils l’ont fait sur le tapis rouge de Cannes. Une bénédiction pour Justine Triet ?

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"Je suis partagée", avoue la réalisatrice. "Il y a toujours cette idée géniale, par moments, de faire se rencontrer des gens, de créer une espèce d’émulation, de peur de tourner ces scènes-là qui peut être très intéressante pour un metteur en scène. Mais c’est vrai que là, ça m’a servi, évidemment. Lorsqu’on on a tourné, ils étaient ensemble depuis un certain temps… et je suis arrivée au bon moment."

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