"Voir du Pays" : soldates françaises au bord de la crise de nerfs

"Voir du Pays" : soldates françaises au bord de la crise de nerfs

CRITIQUE - Trois ans après "17 filles", les soeurs Delphine et Muriel Coulin ont posé leurs valises à Cannes, dans la section Un Certain Regard, pour y présenter "Voir du Pays", leur nouveau long métrage. Elles y relatent la gestion post-traumatique des blessures de guerre chez des soldats français. metronews vous livre son verdict.

En-dessous, le paysage est désertique. Des maisons aux couleurs ocres et terreuses défilent à perte de vue. Depuis le hublot de l’avion qui amorce son retour en France, la soldate Aurore cède à la triste contemplation, l’oeil perdu. Elle fait mentalement ses adieux à ce décor tragique où l’indicible et la violence ont tatoué leurs motifs sordides sur son âme. A ses côtés : d’autres militaires, sinon fragilisés du moins heureux de regagner la mère patrie. Mais avant le plaisir des retrouvailles familiales, une étape cruciale s’impose : Chypre. C’est là que ce groupe va atterrir pour rejoindre un hôtel cinq étoiles peuplés de touristes en villégiature. 

D’ici, l’état d'Afghanistan qu’ils ont quitté leur parait soudain bien lointain. L’eau translucide et le soleil amical promettent d’adoucir les esprits, de les apaiser. De quoi mettre Aurore (sublime Alice Labed) et son amie Marine (Soko) en confiance pour une reconstruction en bonne et due forme ; le but de l’escale étant en effet de profiter de ce sas de décompression chaleureux et de congédier ad vitam aeternam les plaies morales liées à leurs missions de guerre respectives. Sport, bains, discussions… sont au menu de la cicatrisation. Mieux : les autorités ont dégainé un outil radical : une expérience de réalité virtuelle permettant aux plus écorchés de se confronter une nouvelle fois à l’horreur.

Sujet fort, traitement faible

Aux origines de Voir du Pays ? Le roman homonyme de Delphine Coulin paru en 2013 et auréolé d’élogieuses critiques. L'ouvrage en question abordait une problématique choc et jamais encore traitée par le cinéma français. Evidemment, affronter ses angoisses suite à un conflit constitue, depuis la nuit des temps, un thème archi rebattu. Mais cette fois, l’intrigue, ramassée sur une période courte, a cette spécificité d’entremêler la condition de la femme au sein de l’armée à l’effroyable retour à la réalité. Hélas, en dépit des interprétations, toutes louables, et de la démarche testimoniale empruntée, on regrettera que la mise en scène des soeurs Coulin manque à ce point d’ampleur, échouant à instaurer la tension et la puissance qu’on était en droit d’attendre.  

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