"Winter Sleep" ("Sommeil d’hiver"), la critique : une Palme d'Or assommante

FESTIVAL DE CANNES
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CRITIQUE - Le cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan a décroché la Palme d’or avec "Sommeil d’hiver". 3h16 de bonheur… ou d’enfer ? Voici notre verdict.

Scènes de la vie conjugale en Anatolie
Hôtel Othello, au cœur de l’Anatolie. Un comédien misanthrope à la retraite et sa jeune et belle épouse jouent au jeu de l’amour et du désamour dans un drame que le réalisateur suédois Ingmar Bergman n’aurait pas renié.

Un huis clos causeur
Là où les critiques craignaient la sieste devant un film contemplatif avec plans séquences sur une nature sublimée, Nuri Bilge Ceylan surprend en enfermant le plus souvent ses personnages entre quatre murs et en enchaînant les tunnels de dialogues entre son acteur "égoïste, cynique et insupportable" et sa femme, sa sœur, ses employés ou ses copains de beuverie. Résultat : pas de roupillon (quoique...) mais un coup de bambou pour cause d’excès de bavardages.

L’atout charme
S’il est difficile d’embarquer dans cette partition amoureuse lors d’une première heure assommante, le temps joue presque en faveur du cinéaste qui, effectivement, parvient à nous faire ressentir l’épuisement et l’agacement qu’éprouve l’entourage de son héros. Mais seule son actrice principale, la renversante Melisa Sözen, parvient finalement à donner un peu de chair à ce récit exigeant et trop aride.


 

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