Avec 3 clubs sur 4 en finale de la Ligue des champions et de la Ligue Europa, Londres devient la capitale du football européen

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FOOTBALL – Tottenham en Ligue des champions depuis le 8 mai, Arsenal et Chelsea en Ligue Europa le lendemain soir : les finales de coupes d’Europe seront 100% anglaises cette saison… Et Liverpool y fera figure d’intrus, au beau milieu des Londoniens !

S’il est difficile de définir l’humour anglais, un exemple bien senti peut permettre de saisir ce qui fait toute sa singularité : en cette année 2019 où le Brexit n’en finit plus de la déchirer, l’Angleterre revient en force... sur le front du football européen, en accomplissant l’exploit de placer quatre de ses clubs en finale des deux coupes continentales, avec Arsenal-Chelsea en Ligue Europa (le mercredi 29 mai à Bakou) puis Liverpool-Tottenham en Ligue des champions (le samedi 1er juin à Madrid). Un carton plein d’autant plus inédit que, sur ces quatre équipes, trois sont issues de la même ville, Londres.

"À Londres, le fan l'est de façon viscérale"

Alors que les Français se demandent encore comment une capitale européenne d’importance comme Paris ne peut avoir qu’un seul club en Ligue 1, quand Madrid en compte trois en Liga (le Real Madrid, l’Atlético et le Rayo Vallecano) ou Rome deux en Serie A (la Roma et la Lazio), il convient de rappeler que Londres est cette ville disposant de six clubs en Premier League (Arsenal, Chelsea, Tottenham, Crystal Palace, West Ham et Fulham), et en tout de 15 clubs professionnels (contre trois en tout dans la région parisienne en 2019), ce qui dit la place particulière qu’y occupe le football.

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"À Londres, le fan l'est de façon viscérale. Il est le bienfaiteur et l'ami du club qu'il encourage, bon an mal an. Le supporter et le football font partie du décor, expliquait au Figaro le journaliste anglais de BeIN Sports, Darren Tulett. D'ailleurs, de nombreux tour-opérateurs ont pris pour habitude d'inscrire un match de Premier League à leur programme. Il y a aussi des enceintes qui se visitent, comme Stamford Bridge (le stade de Chelsea, ndlr). Les Londoniens respirent le football à pleins poumons. Pour eux, se rendre au stade en famille est une sortie ludique répondant à une tradition plus que séculaire, n'ayant rien à voir avec un phénomène de mode."

C’est sûr, ça fait plaisir de jouer contre Arsenal.- Olivier Giroud, taquin

Chaque quartier figure ainsi une sorte de petite ville dans cette mégalopole étendue de 8 millions d’habitants, avec un ancrage local très fort autour du stade, et des spécificités sociales ou culturelles marquées chez les supporters. Ainsi, des derbies existent aux quatre coins de la ville, rendant parfois les spécificités difficiles à suivre... Arsenal est, à titre d'exemple, ce club du Nord, fondé par un groupe d’ouvriers, nourrissant une rivalité historique avec son voisin plus huppé de Tottenham dans le "North London derby". Alors que Chelsea, lui, représente le centre (très) bourgeois de la capitale, mais snobe ses voisins de Fulham, trop faibles, pour mieux haïr... Arsenal et Tottenham.

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C’est au regard de ce contexte qu’il faut lire la déclaration tout en provocation lâchée le 9 mai au soir par Olivier Giroud, passé d’Arsenal à Chelsea il y a un peu plus d’un an : "C’est sûr, ça fait plaisir de jouer contre Arsenal en finale. Mais maintenant je suis à Chelsea. Et ici, on est habitués à gagner des titres, alors il faut que ça continue." Une manière, déjà, de mettre un peu d’Angleterre, et beaucoup de Londres, au sommet de l’Europe du football. 

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