A Marseille, David Luiz n'en a fait qu'à sa tête, et ce n'est pas si grave

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POLEMIQUE – Touché à la cuisse lors du Clasico de dimanche soir, David Luiz avait finalement terminé la rencontre contre l'avis de Laurent Blanc, désireux de le remplacer par Marquinhos. Si l'attitude du défenseur brésilien a pu étonner, elle témoigne surtout de l'état d'esprit d'un joueur prêt à donner le meilleur de lui-même, même en cas de gros pépin physique.

Dimanche soir, en plein OM-PSG (1-2), le temps d'un instant, l'incompréhension a gagné les rangs parisiens. A la 75e minute, David Luiz s'écroule dans sa propre surface, se touche l'arrière de la cuisse et le staff médical du Paris Saint-Germain arrive en urgence sur la pelouse du Vélodrome afin de juger l'état de santé d'un joueur réputé pour son physique fragile et contraint de déclarer forfait pour les deux précédents matches du PSG en raison d'une douleur au genou. Laurent Blanc ne souhaite prendre aucun risque en prévision du 8e de finale de Ligue des champions face à Chelsea et demande immédiatement le remplacement.

Sauf que le défenseur brésilien de 28 ans ne l'entend pas de cette oreille et décide, à la surprise générale, de poursuivre la rencontre. Quelques minutes plus tard, sur un corner parisien, Thiago Motta et Thiago Silva tentent de raisonner leur partenaire en lui demandant de sortir. Têtu, l'homme à la chevelure bouclée tiendra sa place jusqu'au coup de sifflet final. "David Luiz est resté sur le terrain, il a fait ses dix meilleures minutes ensuite", dira Laurent Blanc, sans un sourire, après la rencontre. Pour David Luiz, il était donc hors de question de lâcher ses copains en fin de match, qui plus est face au rival marseillais. Et finalement, quand on connaît un peu le bonhomme, extraverti, foufou, parfois inconscient, sa décision de poursuivre la partie n'a pas étonné certains de ses coéquipiers. Une attitude qui traduit parfaitement son état d'esprit.

"David, c'est un guerrier. Il est unique"

"L'histoire avec David Luiz ? C'est David, ça, lance Serge Aurier. Il a des moments de folie, des fois, on ne sait pas trop ce qu'il fait. Il avait mal mais c'est un guerrier, il ne voulait pas sortir. Il est unique !" Unique, c'est le cas de le dire. David Luiz est un dur au mal, même si ce n'est pas forcément l'image qu'il laisse transparaître au premier abord. La saison passée, le défenseur central est régulièrement passé par la case infirmerie du PSG en raison d'un genou qui a fait des siennes, et il lui est même arrivé de disputer certains matches alors qu'il était blessé, en atteste cet imposant bandage sur sa jambe qu'il a fréquemment arboré. L'exemple le plus marquant ? Le quart de finale aller de Ligue des champions face au FC Barcelone en avril 2015. Suite à la sortie prématurée de Thiago Silva à la 20e minute, David Luiz avait remplacé au pied levé son compatriote alors qu'il était censé être absent quatre semaines... "Je n'ai pas senti de douleur à ma cuisse", fera-t-il remarquer alors qu'il s'était rendu cinq jours en Russie afin d'être remis sur pied le plus rapidement possible.

Alors, l'international brésilien fait-il preuve d'inconscience et met-il sa carrière en danger en disputant des rencontres à haute intensité avec de multiples pépins physiques ? Le principal intéressé avait eu cette réponse pleine de bon sens au soir de la défaite du PSG face au Real Madrid . Et il était encore question de son genou douloureux... qui ne l'avait pas empêché de réaliser une grande prestation. "Parfois, on doit jouer avec son esprit et pas avec son physique, explique-t-il. Mon ami, sois sûr que mon genou me fera mal jusqu'au jour de ma mort (rires). Ça fait partie de la vie." C'est aussi simple que ça, et le PSG va devoir s'en accommoder. Laurent Blanc en tête.

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