"À pleurer", "honte", "dramatique" ... : la presse et le football français scandalisés par les incidents de Bastia-Lyon

Football

VIOLENCES - L'agression des joueurs de l'Olympique lyonnais par des "supporters" bastiais dimanche provoque l'indignation de la presse française ce lundi.

De sombre après les incidents qui ont émaillé l'avant-match face au Besiktas Istanbul jeudi, la semaine de l'Olympique Lyonnais a carrément viré au noir sur l'île de Beauté en fin d'après-midi dimanche. A Bastia, ce sont des supporters corses qui ont envahi la pelouse, avant le coup d'envoi. Une cinquantaine d'entre eux, descendus de la - controversée - tribune occupée par le groupe "Bastia 1905", ont interrompu l'échauffement des Lyonnais en les menaçant physiquement. 

Le match "n'aurait pas dû commencer, après l'agression des Lyonnais par des supporters à la fin de l'échauffement", estime le quotidien L'Equipe dont la une est barrée d'un "A pleurer" ce lundi.  Une "catastrophe à Furiani" a d'ailleurs été évitée de peu selon le quotidien sportif. Après une première période - logiquement - insipide, une altercation a éclaté en direction des  vestiaires  entre le gardien lyonnais Anthony Lopes et le secrétaire général de Bastia, Anthony Agostini. Elle a rapidement dégénéré en de nouvelles échauffourées brèves, mais d'une violence jamais vue en France entre joueurs et supporters.

C'était une soirée dramatique- Jean-Michel Aulas

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Des joueurs de l'OL agressés par des supporters du SC Bastia

De son coté, Le Parisien adresse un "carton rouge" aux supporters du club corse, au terme d'une semaine où le football a squatté malgré lui la rubrique faits divers entre l'attentat contre l'équipe allemande de Dortmund et les incidents qui ont émaillé le match de Ligue Europe Lyon-Besiktas. Evoquant aussi cette "semaine noire", Le Figaro parle d'un "triste et pathétique spéctacle". Le "chaos" corse selon La Provence, a donné une "une image horrible du football" selon la présidente de la Ligue du football professionnel, Nathalie Boye de la Tour, pour qui "trop c'est trop".

Déjà secoué par les incidents qui ont eu lieu dans "son" Parc OL jeudi dernier, Jean-Michel Aulas a déploré les débordements de Furiani au micro de RMC. "C’est une immense souffrance, on est dans un contexte où le sport devient complètement minoritaire. C’était une soirée dramatique" a déclaré le président du club rhodanien. "Là, ce qui a dépassé l’entendement, c’est que la sécurité, en particulier le directeur de la sécurité de Bastia, a frappé lui-même Anthony Lopes", a accusé le président de Lyon, précisant avoir déposé plainte contre le directeur de la sécurité du SCB.

 

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Gomis (OM) espère "ne plus revoir ça"

S'il affirme également que deux autres stadiers ont frappé les joueurs lyonnais, le président Aulas a tenu à souligner le "comportement irréprochable" des joueurs bastiais. Vainqueur et buteur avec l'OM un peu plus tard face à Saint-Etienne (4-0), Bafétimbi Gomis a également réagi à ces scènes de violences surréalistes auxquelles le football français s'est abandonné dimanche soir. "Ce sont des images qui n'ont pas le droit de salir ce football. J'espère que cela sera sanctionné et qu'on ne reverra plus ça", a commenté l'ancien lyonnais au micro de Canal+.

Côté bastiais, le club, qui sera dès jeudi visé par l'ouverture d'une procédure disciplinaire, a rapidement annoncé vouloir "prendre les mesures fortes et adéquates suite à ces incidents", qu'il a "condamnés fermement". Mais ces échauffourées risquent de lui coûter très cher dans l'optique du maintien, alors que le Sporting venait tout juste d'enregistrer la réouverture de sa tribune Est, fermée pour trois journées à la suite de cris racistes proférés contre l'attaquant italien de Nice Mario Balotelli fin janvier. A cette occasion, la commission de discipline de la LFP avait infligé à Bastia le retrait d'un point avec sursis.

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