Adidas accusé de promouvoir le "tourisme sexuel" au Brésil

Adidas accusé de promouvoir le "tourisme sexuel" au Brésil

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POLÉMIQUE - Adidas a annoncé ce mardi le retrait de la vente de t-shirts d'un goût jugé douteux par les autorités brésiliennes, qui ont vivement accusé la marque d'inciter au "tourisme sexuel" pendant la Coupe du monde de football.

"On peut rire de tout mais pas avec n'importe qui", prévenait Pierre Desproges. Une phrase qu'Adidas pourra méditer quelques temps. Pour avoir mis en vente des t-shirts en lien avec la Coupe du monde au Brésil (12 juin-13 juillet) se voulant humoristiques, l'équipementier sportif, accusé d'incitation au "tourisme sexuel" a en effet déclenché un immense tollé au Brésil, des réseaux sociaux jusqu'au sommet de l'État.

Ce sont deux t-shirts qui ont particulièrement attiré l'attention. Sur le premier, les fesses d'une femme en string illustre le slogan "I love Brasil", tandis que sur le second, l'inscription "Looking to score" ("cherche à mettre un but") surplombe une jeune fille sexy en maillot de bain, ballon à la main. Dès leur mise en vente, plusieurs journaux brésiliens les ont pointés du doigt, suscitant une vague de réactions en chaîne, alors que le pays s'apprête à accueillir 600 000 touristes l'été prochain.

"Adidas manque de respect au Brésil et l'agresse"

Eleonora Menicucci, la ministre brésilienne des Politiques pour les femmes, a été la première à dégainer un communiqué. "Il est inadmissible qu'une multinationale de produits sportifs comme Adidas vende des t-shirts avec des images et des phrases qui lient le Brésil au tourisme sexuel, peut-on y lire. Cette campagne stimule la prédation sexuelle. Elle manque de respect à notre pays et l'agresse en reproduisant un imaginaire que nous nous efforçons sans relâche d'enterrer."

Dans la foulée, Dilma Rousseff, la présidente de la République, se fendait d'un tweet tout en sous-entendu : "Le Brésil est heureux de recevoir des touristes qui arrivent pour la Coupe du monde, mais est également prêt à combattre le tourisme sexuel." Sponsor officiel du Mondial, Adidas était contraint de réagir. "Nous suivons de près l'opinion de nos consommateurs et partenaires. Les produits en question ne seront pas mis en vente", a réagi la marque par voie de communiqué, précisant qu'il s'agissait d'une série limitée destinée aux seuls États-Unis. Qu'on les juge ou non de bon goût, les premiers acheteurs ont ainsi acquis de véritables pièces de collection.

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