Affaire de la sextape : pourquoi la FFF s'est excusée auprès de Valbuena

Affaire de la sextape : pourquoi la FFF s'est excusée auprès de Valbuena

DirectLCI
FOOTBALL - Dans son interview accordée au Monde, Mathieu Valbuena n'avait pas manqué d'adresser un tacle à la FFF, qui était montée au créneau pour défendre Karim Benzema sans le soutenir lui, en tant que victime. L'instance a fini par réagir, avant même de se porter partie civile. Décryptage.

Il n'en restera qu'un. C'est, en substance, ce qu'il fallait retenir de la retentissante sortie médiatique de Mathieu Valbuena vendredi dans Le Monde, au sujet de l'affaire de la sextape et plus précisément de l'intervention de Karim Benzema. En effet, au regard de ses révélations, il n'est désormais plus concevable d'imaginer les deux joueurs évoluer ensemble sous le maillot des Bleus durant l'Euro 2016. On n'aura pas non plus oublié de noter que, deux heures après la publication de cet entretien, la Fédération française de foot (FFF) s'est portée partie civile, après avoir longtemps renvoyé les deux joueurs dos à dos. Selon Le Journal du Dimanche, l'instance a même fait amende honorable auprès de la victime, via un mail signé du président Noël Le Graët.

Pour mémoire, voici ce qu'avait lâché Mathieu Valbuena au Monde, en réponse à une question sur un éventuel soutien de la FFF : "Je n’ai pas eu de soutien. Quand on ne sait pas ce qu’il y a dans le dossier, qu’on puisse défendre Karim, OK, mais qu’on parle aussi de moi ! Encore une fois, dans cette histoire, je suis victime. Le président (de son club, l’Olympique lyonnais, ndlr) Aulas me fait énormément confiance, et prend souvent ma défense. Mais au niveau de la Fédération, je n’ai reçu aucun signe. Je ne vais pas m’apitoyer sur mon sort, c’est juste un constat." Un tacle, un vrai.

Jean-Michel Aulas : "Je crains que la FFF ne soit obligée de prendre une position assez stricte"

Jean-Michel Aulas, justement, a été interrogé à ce sujet ce dimanche dans les colonnes du JDD. "J'espère que ce n'est pas trop tard pour se sortir de cette situation. Il (Karim Benzema) va devoir faire des choix. On est malheureux pour lui. Je crains que la Fédération ne soit obligée de prendre une position assez stricte. J'ai parlé avec Noël Le Graët et cette histoire perturbe la FFF. Ça pose un vrai problème au regard de la charte de bonne conduite, des relations avec les sponsors", a répondu le dirigeant, très proche du patron de la Fédération.

EN SAVOIR + >> Chantage à la sextape : le "manque de respect" de Benzema, le rôle de Nasri... ce que nous apprend l'interview de Valbuena

En outre, l'hebdomadaire raconte que Noël Le Graët a eu vent du contenu de l'interview le jour où celle-ci a eu lieu, c'est-à-dire mercredi, deux jours avant sa publication. Le soir même, toujours selon le JDD, le président de la FFF a même écrit un mail à Mathieu Valbuena pour dissiper ce qu'il considère comme un malentendu et l'assurer de son soutien, expliquant qu'il avait été dépassé par les proportions prises par l'affaire et qu'il avait espéré qu'elle se tasse rapidement.

En clair : si Noël Le Graët était monté au front médiatique pour rappeler la présomption d'innocence de Karim Benzema, sans même prononcer le nom de Mathieu Valbuena, c'était sans doute parce qu'il ne voulait pas se résoudre à devoir se passer des services de l'attaquant du Real Madrid, meilleur joueur et meilleur buteur des Bleus, durant l'Euro, espérant que Mathieu Valbuena viendrait le blanchir de lui-même. Ce dernier a donc accordé cette interview tout en maîtrise dans le but précis de faire bouger les lignes. Bingo : la FFF envisage, dans son communiqué, "la prise de toutes les mesures adaptées à la situation en fonction de l'évolution du dossier" (comprendre : des sanctions pour Karim Benzema). Un pragmatisme froid qui ressemble beaucoup à celui de Didier Deschamps.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter