Angleterre-France (2-0) : l'émotion de Wembley comme si vous y étiez

Angleterre-France (2-0) : l'émotion de Wembley comme si vous y étiez

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FOOTBALL - Quatre jours après les attentats de Paris et du Stade de France, en marge du match France-Allemagne, les Bleus ont affronté l'Angleterre ce mardi soir. Dans le temple de Wembley. Là où, en dépit de la défaite (2-0), le recueillement ne pouvait pas être plus beau.

"Je n'aurais jamais cru dire ça un jour dans ma vie, mais je suis vraiment de tout cœur avec la France, j'espère qu'elle va gagner !" On avait promis à notre chauffeur de taxi londonien de garder sa confidence pour nous, mais on a fini par succomber à la tentation de l'écrire. "Malheureusement" pour lui, c'est l'Angleterre qui a gagné (2-0) ce mardi soir à Wembley. Ce dont il se consolera sans doute très vite. En effet, quatre jours après les attentats de Paris et de Saint-Denis, qui ont fait 129 morts, le résultat relevait de l'anecdote. Le football lui-même n'avait plus aucune importance.

Pour tout dire, notre émotion a atteint son point culminant avant même que l'on entre dans le stade, quand on a croisé trois supporters anglais tenant un grand drapeau de leur pays, avec dessus le symbole de la paix revisité façon Tour Eiffel et le mot "together" (ensemble) inclus dans le sigle du métro londonien. "Nous sommes vraiment désolé pour ce qui s'est passé vendredi", nous a dit, l'air grave, l'auteur de ce montage.

Ensuite, il y a eu l'entrée des joueurs français pour l'échauffement, sous les applaudissements nourris de tribunes alors encore clairsemées. Puis ces longues accolades des joueurs tricolores, comme pour retarder la reprise du travail... Détail singulier : les Anglais, qui ont débuté leur échauffement après les Français, l'ont terminé avant. Dans l'application froide et lente de leurs gestes, on a tout de suite compris que les Bleus n'y étaient pas.


Déjà, la veille, en conférence de presse, Didier Deschamps et Hugo Lloris n'avaient parlé que de la Marseillaise , et pas du tout de ce qui la suivrait. Ce qui a suivi cet hymne chanté d'une seule voix, fut d'ailleurs encore plus vibrant : une minute de silence absolument parfaite. Un moment où plusieurs anges sont passés dans le ciel tout noir de Londres. On en a profité pour lire quelques banderoles : "United colors of France" côté anglais, "United we stand", côté français.

À REVOIR >> La sublime Marseillaise entonnée à Wembley

Ensuite, le foot est redevenu une fête. Une fanfare a animé le virage Est du stade tout au long du match. Puis cette même tribune a répondu à un contrôle raté de Gibbs en pleine surface en lui jetant des boulettes de papier. La tête à l'envers, Ben Arfa a joué arrière droit, avec Sagna devant lui durant quelques minutes. Les Ola se sont enchaînées. Sur l'ouverture du score d'Alli, juste devant la tribune de presse, on a vu des supporters serrer les poings de jubilation puis se retourner pour chambrer les journalistes en mimant des doigts tapant sur un clavier.

Globalement, Wembley a vécu très intensément la rencontre, hurlant de grand "ouuuuuh" à chaque occasion manquée. À la 57e minute, il a réservé une sublime standing ovation pour saluer l'entrée en jeu d 'un Lassana Diarra endeuillé.  

Et, à la 71e, le vent a fait tomber une bâche sur la pelouse. Une bâche que les stadiers ont eu beaucoup de mal à tirer hors des limites du terrain, ce qui a déclenché l'hilarité et les acclamations chambreuses du public que Rooney avait satisfait (48e ) . C'est sans doute à ce moment-là que les terroristes se trouvaient le plus loin de nos esprits.

EN SAVOIR + >>  Revivez l'intégralité de la rencontre ici

 

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