Angleterre-France (2-0) : les Anglais, eux, avaient la tête au foot

Angleterre-France (2-0) : les Anglais, eux, avaient la tête au foot

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FOOTBALL - L'Angleterre s'est imposée face aux Bleus mardi soir à Wembley. Sans doute parce que ses joueurs ont plus facilement fait abstraction du contexte pesant, lié aux attentats de Paris et du Stade de France. Que les deux buteurs du match, Dele Alli et Wayne Rooney, n'ont même pas évoqués devant les journalistes après le coup de sifflet final.

La Football Association (FA) s'en était remise à la Fédération française (FFF). Laquelle avait, à la surprise de son homologue anglaise, décidé samedi matin de maintenir la rencontre Angleterre-France de mardi soir, en dépit des attentats qui, la veille au soir, avaient frappé Paris et Saint-Denis. Alors, tant qu'à faire, les hommes de Roy Hodgson ont fait en sorte de gagner ce match très amical (2-0), dans une enceinte de Wembley qui, après un intense moment de recueillement, ne s'est pas privée de jubiler après les deux buts inscrits par les siens.

Il faut dire que la sélection anglaise venait de concéder, vendredi en Espagne (2-0), sa première défaite après 14 victoires de rang. Confrontée à de nombreuses absences (Walcott, Sturridge, Wilshere, Welbeck, Carrick, Vardy, Delph...), elle avait donc (aussi) à cœur d'offrir une réaction d'orgueil à ses supporters. Sachant que, de toute façon, tout faire pour gagner demeure la plus belle manière de respecter son adversaire.

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Malgré cela, on a tout de même été surpris de constater, en zone mixte (l'espace dévolu aux échanges entre joueurs et médias) après la rencontre, que les journalistes anglais de presse écrite n'ont pas posé la moindre question aux joueurs des Three Lions sur le drame parisien, alors que celui-ci continue de monopoliser l'attention de toute l'Angleterre. Et que les reporters français, eux, avaient encore bien du mal à parler d'autre chose.

"Nous avons tout bien fait ce (mardi) soir, je crois que nous méritons cette belle victoire, s'est ainsi félicité le capitaine Wayne Rooney. Ça fait un moment que les joueurs de notre équipe se côtoient. Ça s'est vu ce (mardi) soir. Si on continue à s'améliorer, on peut aller loin. Notre groupe est jeune et ça nous donne beaucoup d'énergie. On a su en faire un avantage. On a avait déjà bien joué contre l'Espagne et on s'est encore procuré de nombreuses occasions. Cette fois, nous avons su faire la différence. Il ne faut trop mettre la pression sur ces jeunes, qui ont besoin de temps. C'est un défi exaltant. Et c'est génial que le manager leur offre ces opportunités de jouer à ce niveau."

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L'un d'entre eux s'est plus particulièrement distingué : Dele Alli, auteur d'une somptueuse ouverture du score d'une frappe lointaine en pleine lucarne, pour sa toute première titularisation en équipe d'Angleterre. "Ce n'est pas si perturbant de jouer pour son pays, a-t-il assuré. C'est assez fou, tout s'est enchaîné très vite ces dernières semaines pour moi. À vrai dire, je ne pensais pas du tout à l'équipe nationale il y a encore quelques semaines."

Personne, dans son cas, n'y aurait pensé : le garçon a découvert la Premier League au début de cette saison et n'a disputé que onze matchs chez les professionnels en tout et pour tout. "Pendant mes premiers matchs avec Tottenham, j'étais un peu intimidé. Mais depuis je me sens mieux sur le terrain et ça a encore été le cas ce (mardi) soir. Je joue à l'instinct, sans trop réfléchir, pour m'exprimer." En prononçant ces mots, Dele Alli affichait un sourire enjôleur. Et communicatif. Quand son coéquipier Hugo Lloris l'a a aperçu, sa mine sombre s'est soudainement éclairée et il lui a adressé une tape amicale sur le crâne. Après tout, il faut bien que la vie continue. Concrètement.

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