Ligue 1 arrêtée pour cause de Covid-19 : pourquoi le président de l'OL intente deux actions en justice

Ligue 1 arrêtée pour cause de Covid-19 : pourquoi le président de l'OL intente deux actions en justice
Football

CORONAVIRUS - Le président de Lyon, Jean-Michel Aulas, a annoncé avoir déposé deux recours en justice pour contester la décision d'arrêter la saison de Ligue 1 en raison de la pandémie.

"La France a fait une erreur." Contrairement à ce que l'on pourrait penser, cette phrase n'est pas de Jean-Michel Aulas, qui répète peu ou prou la même chose à qui veut l'entendre depuis que la Ligue de football professionnel (LFP) a annoncé, la semaine dernière, l'arrêt définitif de la saison 2019-2020 du championnat de France de Ligue 1. Non, cette saillie verbale est de Paolo Maldini, qui a exprimé ce point de vue lors d'un live sur Instagram avec son ex-coéquipier de l'AC Milan, Filippo Inzaghi. "Nous devons essayer d'aller sur le terrain, sinon ce serait un désastre à tous points de vue, d'abord économique", a ensuite développé la légende du football italien. Un avis que continue cependant de partager le président de l'Olympique lyonnais.

La preuve : jeudi 7 mai au soir, sur La chaîne L'Equipe, le dirigeant a annoncé avoir intenté deux actions en justice pour contester cette décision. "Nous avons fait en sorte de demander une possible reprise de l'activité. (...) On peut examiner en détail, avec le Premier ministre et le ministre de la Santé, le protocole sanitaire validé par tous les pays européens et voir s'il y a une possibilité de reprise en France. Le second recours porte, lui, sur les modalités d'arrêt du championnat et le mode de calcul du classement", a-t-il expliqué.

Le foot français "pas sûr de se remettre de cet arrêt prématuré"

Le classement arrêté par la LFP à la 28e journée (soit à dix matchs du terme habituel), dans la foulée du discours d'Edouard Philippe actant que "la saison 2019-2020 des sports professionnels ne pourra(it) pas reprendre", laisse l'OL en 7e position, c'est-à-dire non qualifié pour une coupe d'Europe, ce qui représente un manque à gagner de "plusieurs dizaines de millions d'euros" pour le club lyonnais. Son président affirme pourtant que "l'argent n'est pas le souci majeur de l'OL"...

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Alors quoi ? Alors il y a, à ses yeux, la valeur juridique, et sportive, bancale de ce classement fixé en cours de route. Il y a aussi les conséquences financières, mais à l'échelle du football français tout entier, qui "n'est pas sûr de se remettre de cet arrêt prématuré", affirme Jean-Michel Aulas. "La perte pour le championnat professionnel français, si on maintient notre position strictement française, sera de 700 à 900 millions d'euros : une catastrophe économique", a-t-il tweeté ce même jeudi.

Du fatalisme de la LFP, après l'annonce d'Edouard Philippe, à ces deux actions en justice du patron de l'OL, un virage s'est toutefois amorcé : mercredi 6 mai, les clubs allemands ont reçu le feu vert gouvernemental pour reprendre la compétition en mai, avec les recettes qui vont avec. "Les Allemands vont récupérer leurs droits TV, l'Espagne, l'Italie et les autres (aussi) pendant que nous, nous allons nous appuyer plus longtemps sur le chômage partiel. Nous ne nous préparons pas à être compétitif au plan européen", s'est inquiété Jean-Michel Aulas, auprès de l'AFP et du journal Le Progrès, dès le 1er mai.

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L'Espagne et l'Italie ont en effet, à leur tour, repris le chemin de l'entraînement, tandis que, de son côté, l'UEFA espère terminer en août l'édition de la Ligue des champions interrompue par la pandémie, ce qui laisse craindre un décrochage financier et sportif de la Ligue 1 d'ici là. Un président de club français, ayant souhaité conserver l'anonymat, s'indigne ainsi : "J'espère que la France s'est concertée avec ses voisins européens avant de prendre cette décision, car si ce n'est pas le cas, c'est gravissime. Cela veut dire qu'elle tue son économie du football pendant que ses concurrents continuent de pouvoir y accéder."

Le gouvernement français a interdit à nos clubs de reprendre et le gouvernement allemand autorise les siens à le faire, nous devons nous plier aux instructions, comme toutes les professions.- Bernard Caïazzo, président de l'AS Saint-Etienne

C'est donc pour sauver le football français que Jean-Michel Aulas entame cette croisade. Mais est-il légitime à le représenter ? Pour mémoire, seuls trois clubs ont, pour l'heure, contesté l'arrêt de la saison, Lyon, 7e, qui espérait une remontée jusqu'au podium, ainsi qu'Amiens et Toulouse, relégués en Ligue 2. Soit, hasard ou coïncidence, trois clubs directement lésés. Président de Première Ligue, syndicat qui regroupe la plupart des clubs de Ligue 1, Bernard Caïazzo, rappelle, lui, ce vendredi 8 mai, dans L’Equipe, que "c'est le gouvernement français qui a interdit à nos clubs de reprendre et c’est le gouvernement allemand qui autorise les siens à le faire, nous devons nous plier aux instructions, comme toutes les professions".

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Du côté de la LFP, on estime que "la reprise de la Bundesliga est tout sauf une surprise car l’Allemagne est le pays européen qui a le mieux endigué la progression du Covid-19", et que "dans cette crise, c’est la situation sanitaire qui conditionne tout le reste". La reprise dans les autres pays européens n'est, du reste, pas actée. Par exemple, au Royaume-Uni, celle de la lucrative Premier League divise, de nombreux joueurs ne la souhaitant pas. Alors qu'en Italie, les tests médicaux effectués à la reprise des entraînements ont révélé, jeudi, un nouveau cas positif au Torino, six à la Fiorentina et quatre à la Sampdoria...

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