Arsenal : que va faire Wenger ?

Arsenal : que va faire Wenger ?

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FOOTBALL - La cinglante et humiliante défaite samedi dernier à Chelsea (6-0), conjuguée au nul décevant mardi contre Swansea (2-2) plonge un peu plus Arsène Wenger dans le doute. Son mutisme médiatique jusqu'au nul d'hier soir a beaucoup fait parler en Angleterre, qui voit déjà le coach alsacien s'en aller à la fin de la saison.

En l'espace d'une semaine, tout a changé pour Arsenal. Le jour de son 1000e match , Wenger a subi les foudres d' un Chelsea sans pitié pour son équipe . Depuis, les chances de titre sont presque évaporées (4e à 6 points du leader Chelsea) et la confiance a été perdue, comme en atteste ce nul concédé bêtement mardi : égalisation de Swansea à la dernière minute du temps réglementaire, sur un but contre son camp de Flamini. Après le match, Arsène Wenger a souhaité sortir de son silence inhabituel depuis samedi pour pointer du doigt la malchance du résultat.

"C'est difficile à avaler parce que l'équipe a vraiment tout donné ce soir, que son état d’esprit a été parfait. Vous vous demandez encore comment un match comme ça peut se finir par un nul. Ils n'ont rien fait et à la fin cela fait 2-2. Ils ont tiré deux fois au but. Et encore, plutôt une en fait. En fait, on leur a donné deux buts. Il faut que l'on se remette de ce dernier but encaissé. Même si le résultat ne penche pas en notre faveur, il faut donner du crédit aux joueurs. A 2-1, on a trop cherché à conserver le ballon à cause de ce qu'il s'est passé samedi. Et au lieu de continuer à attaquer, on s'est plus soucié de tenir le score", expliquait-il en zone mixte d'après-match.

Arsène Wenger, "un spécialiste de l'échec" ?

C'était l'adjectif de Mourinho pour qualifier le coach alsacien en février dernier. Une pique normale pour le Special One, mais qui prend beaucoup plus d'ampleur depuis la fessée infligée par Chelsea, qui, selon le "Mouh", "a détruit arsenal en 10 minutes". En 18 ans de carrière à Arsenal, Wenger a amené le club dans une autre dimension. Mais le manque de titres depuis 2005 fait parler chaque année, au point où on se demande si le système Wenger n'a pas atteint ses limites. Chaque année, le club parvient à se qualifier à la Ligue des Champions, mais sans jamais dépasser les quarts depuis la finale perdue en 2006 contre le FC Barcelone.

En réalité, se maintenir dans le top 5 chaque saison dans un championnat aussi relevé que la Premier League relève de l'exploit pour un club économe comme Arsenal. C'est en effet l'un des rares clubs à respecter le fair-play financier... Et à miser sur des jeunes joueurs à bas prix, plutôt que les valeurs sûres et chères. Les supporters s'en plaignaient : Arsène les a écoutés, en cassant sa tirelire en début de saison pour Mesut Özil (50 millions d'euros, plus gros transfert pour Arsenal). Le rendement décevant de l'Allemand ne dépend pas de Wenger, qui cherchait surtout à recruter un vrai attaquant, tel que Suarez.

L'autre souci de Wenger est de ne pas avoir réussi à retenir ses grands joueurs une fois qu'ils avaient éclos (Samir Nasri, Cesc Fabregas, Robin Van Persie). La problématique sera la même sur les saisons à venir, avec des joueurs talentueux prêts à exploser (Jack Wilshere, Oxlade-Chamberlain, Ramsey).

Que peut espérer Arsenal pour la fin de la saison?

Dans ce contexte, les espoirs de titre semblent définitivement éteints. À 6 points devant Everton (mais avec un match en plus), les Gunners vont tenter de conserver leur quatrième place synonyme de qualification à la Ligue des Champions. La rencontre dans 10 jours les opposant à cette même équipe d'Everton sera déterminante, à la fois pour la fin de saison d'Arsenal ainsi que pour l'avenir de Wenger. Au club depuis 1996, le coach Alsacien n'a toujours pas prolongé son contrat, qui prend fin en juin 2014. Lui qui n'a plus rien gagné avec Arsenal depuis presque 9 ans (une coupe d'Angleterre en 2005...) est courtisé par le PSG, notamment, et pourrait avoir des envies d'ailleurs. Tout comme les dirigeants londoniens, peut-être pressé de voir une nouvelle politique sportive se mettre en place.

Cependant, une prolongation semble être la solution la plus crédible : Wenger est un vrai pilier au sein du club, et paraît inamovible . Seule une fin de saison catastrophique pourrait changer la donne. Il expliquait ainsi il y a peu : "Est-ce que je serai à Arsenal au-delà des dix matchs restants ? Je pense, oui. Mon désir est de rester. Ce sera réglé bientôt". Pour se consoler, les Gunners peuvent se targuer d'être toujours en lice en Coupe d'Angleterre, avec une demi-finale contre Wigan (2e division) le 13 avril prochain. Espérons que celle-ci sera la bonne.


 

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