Des terrains de Guadeloupe au gratin européen... sur les traces de Thomas Lemar

Des terrains de Guadeloupe au gratin européen... sur les traces de Thomas Lemar

Football
DirectLCI
PORTRAIT - Ce mercredi, dès 19h, l'AS Monaco affronte l'Atlético de Madrid pour le compte de la cinquième journée de la Ligue des champions. Si l'espoir n'est plus permis pour une qualification au prochain tour, une vieille connaissance, Thomas Lemar, pourrait en profiter pour s'illustrer. Retour sur le parcours du Guadeloupéen, sacré champion du monde avec le Bleus en juillet dernier.

Le conte de fées a débuté en Guadeloupe, à Baie-Mahault. Débutant très jeune le football dans le club de sa ville, Thomas Lemar, champion du monde avec les Bleus l'été dernier, a très vite montré des prédispositions techniques. Philippe Tranchant, ancien responsable technique de la formation à Caen, a tout de suite vu le potentiel du Colchonero : "J'ai fait venir de nombreux Guadeloupéens en métropole et à Caen en particulier, mais Thomas, c'était déjà exceptionnel à 13 ans ce qu'il pouvait faire techniquement avec le ballon. Ce petit bonhomme là faisait une tête de moins que tout le monde mais il était 10 fois plus doué que tous ceux qui étaient sur le terrain." 


"Dans le jeu, il était très intelligent tactiquement pour éviter les duels, vu qu'il était plus petit que les autres, il jouait sur l'anticipation pour récupérer le ballon, et surtout, il se déplaçait très bien pour le recevoir. Il a signé pro chez nous à 16 ans et demi (ndlr : à Caen), j'étais à l'époque entraîneur de la CFA, responsable technique, et c'est bien évidemment, avec Raphaël Guerreiro, le meilleur joueur que j'ai eu au Stade Malherbe", assure Tranchant, qui a fait venir le jeune Guadeloupéen à Caen à l’intersaison 2010.

On a tout de suite vu qu'il avait un truc différent des autres.Jonathan Mexique, ancien coéquipier à l'AS Monaco.

Après cinq ans en Normandie, dont deux saisons en professionnel, Lemar fait le grand saut et rejoint l’AS Monaco contre un chèque de 4M€. Un nouveau bouleversement dans la vie du jeune homme qui n’a pas été évident à gérer pour ce dernier. "Quand il est arrivé, au début ça a été un peu compliqué pour lui, il ne partait pas titulaire dans l'esprit du coach", se souvient Jonathan Mexique, prêté au SO Cholet cette saison mais qui a évolué durant plus d’un an aux côtés de Lemar sur le Rocher.


"Finalement, dès son premier match en tant que titulaire, au mois de septembre (défaite 3-2 face à Lorient), il avait mis un but et ça a été son déclic pour le mettre en confiance dans son aventure monégasque", ajoute son ex-coéquipier, qui l’a croisé très tôt en équipe de France de jeunes : "Je l'ai connu depuis en U16, on était ensemble. Et la première fois que j'ai joué avec lui, on a tout de suite vu qu'il avait un truc différent des autres, ce pied gauche, cette finesse ..."

Un avenir dans l’axe ?

Si, depuis ses débuts en professionnel Lemar joue essentiellement sur l’aile gauche du milieu de terrain, ceux qui l’ont côtoyé lui voient un avenir plus axial. "J'aimerais le voir à l'œuvre au milieu de terrain, parce que, pour moi, son poste, il est là. A Caen, je l'ai toujours fait jouer là. C'est un créatif, un joueur qui n'a pas une qualité de vitesse, de débordement suffisante pour jouer sur un côté. C'est simple, son pied gauche, c'est une main. Le mettre sur le côté, c'est gâcher sa faculté à être plus décisif dans l'axe, notamment dans les 16,50 mètres" constate Philippe Tranchant.


Même son de cloche pour Jonathan Mexique : "C'est un milieu de terrain moderne, petit, un peu à la Iniesta, David Silva, fin techniquement, qui joue vite, dans les espaces. Il dispose d’une très grosse qualité de passes, un très gros volume de jeu. Le poste où il aura le plus d'influence sur le jeu, c'est numéro 8. Il n’arrête pas, demande les ballons sans arrêt, plus il sera dans le cœur du jeu, plus il pourra servir au mieux ses partenaires."

Il doit faire preuve de plus de caractère.Philippe Tranchant, ancien responsable technique de la formation à Caen.

Pour Jonathan Mexique, si le natif de Baie-Mahault semble timide au premier abord, il n’en est pas moins chambreur mais également déterminé : "Il est un peu introverti en dehors du terrain, mais sur le terrain c'est un guerrier, il lâche rien. J'ai un peu le même caractère que lui donc on traînait ensemble. Quand on le connaît bien, quand on est proche de lui, il est ouvert, c'est un gars qui aime blaguer, chambrer, etc."


Désormais à l’Atlético de Madrid, sous la coupe du très exigeant Diego Simeone, Thomas Lemar va pouvoir travailler sur certains aspects de son jeu dans lesquels il pêche. "Simeone va le faire travailler pour améliorer sa VMA, pour s'améliorer dans les duels, mais pour moi Thomas, là où il peut avant tout s'améliorer, c'est dans son caractère, sa personnalité, dans la volonté d'être un leader. Il doit faire preuve de plus de caractère sur le terrain. C'est ce que j'aimerai voir dans les mois à venir, que Simeone lui amène cela", explique Tranchant.


Reste à savoir si les premiers résultats de la méthode du Cholo vont être visibles mercredi soir, lors de la confrontation entre l’Atlético de Madrid et l’AS Monaco, son ancien club, pour le compte de la cinquième journée de la Ligue des champions.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter