Naby Keita, le mal-aimé du football français qui explose à Liverpool (et ferait beaucoup de bien au PSG)

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FOOTBALL - À Liverpool ce mardi soir, en ouverture de la Ligue des champions, le PSG devra neutraliser l’hyperactif Naby Keita, milieu recruté par les Reds cet été contre 60 millions d’euros. Un joueur de 23 ans dont les clubs français n’avaient pas voulu...

Cinq matchs, cinq titularisations, et déjà une chanson à son nom. Un chant que le fameux Kop d’Anfield devrait encore entonner ce mardi soir à l’occasion de la réception du PSG, en ouverture de la Ligue des champions, sur l’air de La bamba : "Na Na Na Na Naby Keita, Na Na Na Na Naby Keita..." Cet honneur n’est pas donné à tout le monde au Liverpool FC, surtout pas aux recrues fraîchement débarquées. Acheté à Leipzig en 2017, mais arrivé seulement cet été, contre 60 millions d’euros, le milieu de terrain international guinéen, âgé de 23 ans, s’est déjà mis tout le club dans la poche.

Naby est comme Iniesta, il peut dribbler, tirer et marquer. Il sera un joueur de classe mondiale.Timo Werner

Cette faculté à rapidement mettre tout le monde d’accord a toutefois mis du temps à s’affirmer. Après neuf ans passés à l’Horaya FC, un club de Conakry, sa ville natale, Naby Keita s’envole pour la France à la fin de sa formation. Il rêve alors de Ligue 1 et passe plusieurs essais, en 2011, à l’âge de 16 ans. Mais Lorient ou Le Mans n’en veulent pas. La faute à un gabarit (1,73 m pour 68 kg) pas en phase avec les standards du moment dans l'Hexagone, où l’on privilégie les grands et solides gaillards.

Le coup du pouce du destin survient en novembre 2013 : Istres, englué en Ligue 2, le repère lors d’un tournoi de détection à Marseille. Naby Keita y signe son premier contrat professionnel, et impressionne son monde, malgré une relégation en National à l’issue de sa première saison. Mais le football français loupe encore le coche à l’été 2014 : le Guinéen rallie l’Autriche et le Red Bull Salzbourg, contre un montant d’1,5 million d’euros qui a de quoi faire sourire (jaune) aujourd’hui.

Naby, nous n’avons aucune idée de ce qu’il peut devenir.Jürgen Klopp

Le temps de remporter deux fois de suite, en 2015 et 2016, le doublé Championnat-coupe nationale, et il prend la direction de l’Allemagne, contre 15 millions d’euros. Dans l’autre club européen de la galaxie Red Bull, le RB Leipzig, alors tout juste promu, il découvre le très haut niveau, et propulse son club jusqu’à la 2e place, derrière le Bayern Munich, en 2017.

Son coéquipier de l’époque, l’attaquant international allemand Timo Werner, ose alors cette comparaison : "Naby est comme Iniesta, il peut dribbler, tirer et marquer. Il sera un joueur de classe mondiale." À Liverpool, on le compare plus volontiers à une autre légende, Steven Gerrard, qui lui a lui-même remis son maillot, floqué du même mythique numéro 8.

Un aboutissement. "En Guinée, on jouait dans la rue avec le maillot de Liverpool et, comme j’étais milieu de terrain, je voulais être Gerrard", a-t-il rembobiné, ému. Comme son illustre prédécesseur, il se signale par une hyperactivité hallucinante, grattant les ballons et les relançant à la perfection, aux quatre coins du terrain, quand il ne frappe pas directement au but, comme ce fut encore plusieurs fois le cas samedi à Tottenham (victoire 1-2 des Reds).


La plupart des joueurs ayant généralement besoin de plusieurs mois pour s’adapter à l’exigeante Premier League, ses performances XXL dès ses cinq premiers matchs ont de quoi interpeller (il culmine à plus de 90% de passes réussies, comme N’Golo Kanté à Chelsea). 

Lui dit qu’avoir regardé, depuis l'Allemagne, tous les matchs de Liverpool la saison passée l’a aidé. Mais son entraîneur, Jürgen Klopp, met plutôt cela sur le compte d’un potentiel incommensurable : "Naby, nous n’avons aucune idée de ce qu’il peut devenir. Il est trop tôt pour le juger. Que pouvons-nous dire ? De toute évidence, il a très vite appris ces dernières années, de l’Autriche à Leipzig, maintenant ici. Il s’adapte donc constamment et passe au niveau supérieur. S’adapte aux autres joueurs, les utilise très bien. Je ne veux pas le rendre trop important, c’est juste que je ne sais pas. Si vous m’aviez demandé quelle était sa plus grande force, je ne pourrais pas le dire. Et ce n’est pas parce qu’il n’est pas depuis assez longtemps ici..." Sinon, voilà maintenant deux ans que le PSG cherche un milieu de terrain.

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