Manchester United-PSG : comment jouer sans Neymar ?

Football

LIGUE DES CHAMPIONS - C’est l’une des clés des huitièmes de finale entre Manchester United et le Paris Saint-Germain : en l’absence du maître à jouer brésilien Neymar, le jeu parisien doit se trouver un, voire plusieurs nouveau(x) dépositaire(s).

On a beau, comme le Qatar, dépenser des centaines de millions d’euros pour bâtir une équipe, ou, comme Thomas Tuchel, vanter sans cesse les vertus du collectif, on en revient souvent (toujours ?) au culte de l’homme providentiel. Et, dans la galaxie du Paris Saint-Germain, Neymar est le soleil, l’astre central dont la lumière gargantuesque irradie les autres étoiles, lesquelles n’ont d’autre choix que d’exister autour de lui. 

Problème : l’astre est (encore) blessé au pied au pire moment de la saison, quand commencent les matchs qui balayent toutes les autres analyses, à savoir les tours à élimination directe de la Ligue des champion, la compétition-reine, ayant justifié tous ces investissements.

L’an dernier, Neymar a aussi été blessé et ce serait bien de ne pas refaire les mêmes erreurs- Kylian Mbappé

Pour Paris, on le sait, ce sera Manchester United (match aller le 12 février à Old Trafford, retour le 6 mars au Parc des Princes) en huitièmes de finale. Et, face à la bande à Paul Pogba, qui marche sur l’eau depuis la fin 2018, c’est peu dire que Neymar laissera un vide abyssal. Un trou noir qu’il s’agira pourtant de combler, puisque les dépenses somptuaires de l’Émir avaient précisément vocation à ce qu’un tel coup dur ne mette pas à mal les ambitions continentales des champions de France. 

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Interrogé là-dessus dimanche par Canal+, dans la foulée de la défaite en terre lyonnaise (2-1), Kylian Mbappé a montré qu’il avait son idée sur la question : "Demandez à Valverde (l’entraîneur du FC Barcelone, ndlr) si c’est compliqué de jouer sans Messi. Et allez à la Juventus demander à Allegri (coach de l‘équipe italienne, ndlr) si c’est compliqué de jouer sans Ronaldo. C’est compliqué, oui, de jouer sans Neymar. Mais il faut l’accepter. L’an dernier, il a aussi été blessé et ce serait bien de ne pas refaire les mêmes erreurs. Sinon, ça voudrait dire qu’on n’a rien appris."

Je ne veux pas que Kylian prenne les responsabilités de Ney- Thomas Tuchel

L’idée de Mbappé sur la question : si des clubs tels que le Barça et la Juve parviennent à se passer de leur astre, et si le PSG aspire à faire partie de leur caste, alors cette absence ne doit ni servir d’excuse, ni même provoquer le moindre sentiment de peur (comme la saison passée dans pareil cas). En l’occurrence, ce ne sont, certes, que des mots, mais ils soulignent avec pertinence toute l’importance de l’état d’esprit, voire de la psychologie, lorsque l’on veut gagner des matchs de football au plus haut niveau. Cette posture peut, effectivement, s’avérer salvatrice dans les jours qui précéderont les deux matchs.

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Mais dans le jeu, alors ? C’est là qu’intervient l’entraîneur, Thomas Tuchel qui, tiens donc, a évoqué le cas Mbappé, au moment de répondre à cette question mardi en conférence de presse : "Je veux que Kylian soit là pour finir nos attaques, qu'il soit là entre les défenseurs car je trouve qu'il est incroyablement dangereux dans les dernières lignes avec sa vitesse et sa faim de marquer. Je ne veux pas qu'il prenne les responsabilités de Ney de faire beaucoup de passes décisives et de garder le ballon entre les lignes. On a des joueurs qui peuvent donner à Kylian et Edi (Cavani) des ballons dangereux. Les deux attaquants doivent s'occuper de la dernière touche, c'est le plus important."

"Entre les lignes"

Le coach allemand reprochait ici à son attaquant d’avoir voulu prendre le relais de Neymar dans l’organisation du jeu, alors qu’il serait plus utile à la finition. L’élément est intéressant : surdoué techniquement, le Français a tenté naturellement de combler un manque, mais n’a pas aidé son équipe au final. Son entraîneur lui a donc répondu que ce n’était pas à lui de jouer "entre les lignes" et de distribuer les ballons, mais à d’autres. Une déclaration publique, donc un message n'ayant pas été passé dans l'intimité du vestiaire, ce qui l'a rendue nécessaire face aux médias.

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Pour le reste, Thomas Tuchel a sans doute pris sa décision le 27 janvier dernier, soit quatre jours après la blessure de son leader technique. À la mi-temps de la réception de Rennes, alors que son équipe est tenue en échec (1-1) après avoir buté en vain sur le solide bloc défensif adverse pendant 45 minutes, le technicien repositionne Angel Di Maria et Julian Draxler, initialement alignés sur les ailes, plein axe, derrière la doublette Cavani-Mbappé. Bingo : les deux nouveaux meneurs de jeu régalent et Rennes explose (score final : 4-1). Un schéma reproduit le dimanche suivant, à Lyon. Avec un Mbappé dispersé, donc. Mais aussi avec un Draxler passeur décisif et un Di Maria buteur. Les deux prochains hommes providentiels ?

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